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COTE D’IVOIRE
Le respect des droits de l’Homme, un autre défi à relever
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 6 nov (IPS) - "Le gouvernement Ouattara n’a rien à gagner à couvrir des actes de tortures. S’il a émis des réserves sur les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme, il faudrait que les deux parties s’asseyent et voient ensemble comment travailler pour l’amélioration de la situation", déclare Yaya Sanogo, un juriste basé à Abidjan.

Depuis plus d’une semaine, des organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Amnesty International et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) font état de graves violations des droits de la personne en Côte d’Ivoire.

Dans son rapport du 27 octobre dernier, Amnesty International a fait état de 200 cas d’arrestations arbitraires, de tortures, menés par des soldats de l’armée ivoirienne et du paiement de rançons. Les victimes supposées sont en majorité des proches de l’ancien président déchu le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo.

Trois jours plus tard, la FIDH signalait l’existence de centres illégaux de détention et de tortures dans le pays. L’organisation révélait également des disparitions forcées. Pour sa part, le chef de la division des droits de l’Homme de la mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Eugène Nindorera, confirmait les cas de tortures, appelant le gouvernement à avoir le courage de vérifier ces informations.

Face aux accusations, les ministres ivoiriens de la Défense et des droits de l’Homme ont effectué le 3 novembre une visite surprise sur des sites de détention à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, pour s’assurer du bon traitement des prisonniers civils et militaires.

Cette démarche visait, selon ces autorités gouvernementales, à marquer le début des enquêtes sur les allégations de tortures faites par les organisations de défense des droits de l’Homme.

"Nous n’avons trouvé nulle part des personnes en piteux états. Nous n’avons pas vu de torturés, or nous sommes arrivés par surprise. Certains étaient dans des cellules parfumées d’encens", a déclaré à la presse, le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, au terme de la visite menée sans les journalistes.

"Ce qu’on attendait, c’était un contre-rapport et que l’Etat joue la carte de la responsabilité. Il est trop facile qu’on dise qu’il n’y a rien", confie à IPS René Hokou Legré, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO), basée à Abidjan, suite à la visite du gouvernement.

"Il faut admettre qu’après la question de la justice qui tarde à montrer des signes d’impartialité, nous sommes face au défi du respect des droits de l’Homme que le pouvoir peine à relever", affirme à IPS, le juriste Aurélien Kodjané, basé à Abidjan.

Selon Kodjané, l’armée ivoirienne a fait face, ces trois derniers mois, à de nombreuses attaques d’inconnus qui ont causé de nombreux morts dans ses rangs. Cependant, estime-t-il, cela ne saurait expliquer son retour prolongé dans le dispositif sécuritaire intérieur, source de violations des droits de l’Homme.

"Il faut en finir avec le complexe de persécution. Il faut beaucoup de détachement de la part du gouvernement face à cette situation qui favorise l’impunité. L’Etat veut protéger son image et des personnes. Seulement, en agissant de la sorte, les preuves vont s’accumuler et cela risque de s’aggraver", prévient-il.

Un avis que réfute Gnénéma Coulibaly, ministre ivoirien des droits de l’Homme: "Nous ne favoriserons jamais une impunité en matière de violation des droits humains. Nous encourageons toutes les enquêtes pour mettre en exergue les atteintes aux droits de l’Homme. Car le gouvernement n’a rien à cacher et ne protège personne", a-t-il soutenu le 3 novembre.

Mais pour Yacouba Doumbia, président par intérim du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), basé à Abidjan, le gouvernement marque encore le pas en matière des droits de l’Homme et le grand puzzle de l’unité nationale s’effrite dangereusement.

"Les hommes politiques doivent comprendre qu’ils n’ont aucun mandat légal du peuple les autorisant à conduire le pays dans le chaos et l’abîme. Il faut de la fermeté dans la sécurisation des personnes et des biens et démasquer tous les auteurs d’actes répréhensibles. Mais, en respectant les règles légales en vigueur, le principe du droit de la défense et la présomption d’innocence", rappelle Doumbia.

Pour le politologue Maurice Zagol, basé à Abidjan, l’Etat ivoirien devrait faire de gros efforts pour consolider la fragile paix que traverse le pays en ce moment.

"La paix n’est pas encore acquise parce que la réconciliation est au point mort. Alors si les actes d’arrestations arbitraires et de tortures sont avérés, la Côte d’Ivoire aura, à nouveau, emprunté le chemin de l’incertitude", confie Zagol à IPS. (FIN/2012)

 

 

 

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