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MALI
Les Etats-Unis s’impatientent de la réponse africaine au conflit dans le nord
Jim Lobe

WASHINGTON, 6 nov (IPS) - Malgré les inquiétudes croissantes de l’Occident au sujet du règne continu dans le nord du Mali d’un groupe lié à Al-Qaïda, les analystes disent ici qu'il faudra des mois avant que les conditions ne puissent être réunies pour chasser ce groupe de la région, par la force militaire si nécessaire.

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), qui ont tenu une série de réunions sur la situation, espèrent que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l’ouest (CEDEAO), composée de 15 nations, parviendra bientôt à un plan viable pour reprendre la zone, qui est entre les mains du groupe Ansar Dine depuis le printemps dernier.

Ils tentent également d'obtenir l'appui d'une Algérie quelque peu ambivalente, que la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a visitée au début de la semaine dernière. Compte tenu de ses 1.400 kilomètres de frontière avec le nord du Mali, ainsi que ses formidables capacités anti-terroristes et militaires, la coopération de l'Algérie avec toute force de la CEDEAO soutenue par l'Occident est considérée comme indispensable à toute campagne visant à chasser Ansar Dine.

La CEDEAO propose jusqu'à présent une force de seulement 3.300 soldats, recrutés dans les pays membres, comme la composante militaire d'une vaste stratégie visant à prendre le contrôle d'un territoire qui est à peu près la taille de la France. Se réunissant à la mi-octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) a rejeté la proposition de la CEDEAO comme étant irréaliste et a demandé au groupe de parvenir à un plan d'intervention viable d'ici à la fin de ce mois.

"Nous devons attendre et voir si la CEDEAO est sérieuse", a déclaré à IPS, J. Peter Pham du Conseil de l'Atlantique, à Washington. "3.300 soldats, ce n'est pas sérieux; en effet, c'est une plaisanterie, en particulier pour les 3.300 soldats qui viendront de la ceinture tropicale d'Afrique de l’ouest et qui seront engloutis par le désert où ils n'ont jamais été auparavant".

Les spécialistes de l'ONU disent que tout au moins deux fois ce nombre de soldats sera nécessaire pour combattre Ansar Dine, dont les membres seraient en train d’imposer leur version de la charia du type taliban avec une brutalité considérable dans toute la région, y compris dans la ville historique de Tombouctou.

Les Etats-Unis et l'UE ont indiqué qu'ils sont prêts à fournir à toute opération africaine la formation, l'équipement et le soutien logistique et en renseignements, et le 'Washington Post' a rapporté en juin que les Etats-Unis mènent des vols de surveillance au-dessus du nord du Mali à partir d'une petite base au Burkina Faso. Mais jusque-là, les Etats-Unis et l'UE n'ont pas proposé de mettre "des bottes sur le terrain", du moins dans un rôle de combat.

Au début de la semaine dernière, l'UE a dit qu'elle envisageait également d'envoyer environ 200 soldats pour former l’armée malienne de 6.000 hommes mal équipée et en grande partie démoralisée, dont le renversement du gouvernement démocratiquement élu a contribué à précipiter la crise actuelle. Lors d'un sommet le 19 octobre, les ministres européens ont déclaré que le contrôle du nord du Mali par Ansar Dine représente une "menace immédiate" à l'Europe.

Pour leur part, les Etats-Unis, en particulier leur département d'Etat, ont exprimé une impatience croissante, en partie du fait des informations selon lesquelles parmi les forces islamistes considérées comme responsables de l'assassinat de l'ambassadeur américain en Libye et de trois membres de son personnel à Benghazi en septembre pourraient figurer des personnes associées à Ansar Dine ou au groupe plus large d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Au cours du débat d’octobre sur la politique étrangère, Mitt Romney, le challenger républicain du président américain, Barack Obama, a évoqué la situation dans le nord du Mali quatre fois dans un effort apparent de jeter le doute sur les déclarations de la campagne d'Obama selon lesquelles Al-Qaïda a été vaincu de manière décisive.

En effet, peu après les massacres à Benghazi, le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson, a souligné l'urgence de mettre sur pied une force dirigée par la CEDEAO. Toute solution "doit être abordée à travers des moyens sécuritaires et militaires", a-t-il indiqué.

Mais le Pentagone, notamment son Commandement militaire pour l’Afrique (AFRICOM) depuis cinq ans, serait un peu moins va-t-en-guerre, selon Pham et d'autres analystes qui ont souligné que beaucoup d'autres mesures, y compris la création d'un gouvernement populairement soutenu à Bamako et la reconstruction de l'armée, doivent être prises avant toute tentative d’intervention militaire.

A bien des égards, le Mali et sa démocratie autrefois prospère, quoique clairement fragile, étaient des dommages collatéraux résultant de la chute par l'Occident en 2011 du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Des combattants touaregs employés comme mercenaires par le dictateur déchu sont rentrés chez eux dans le nord du Mali avec des armes sophistiquées et, soutenus par Ansar Dine et AQMI, ont aussitôt terrassé l’armée malienne et déclenché le coup d'Etat à Bamako, mené par le capitaine Amadou Haya Sanoga, un officier formé aux Etats-Unis. Ansar Dine et AQMI se sont ensuite retournés contre ceux de leurs alliés touaregs qui ne partageaient pas leur programme islamiste.

Plus de 300.000 personnes ont fui leur dur règne, qui aurait inclus le recrutement forcé d'enfants dans leurs milices armées, selon l'ONU et des groupes de défense des droits humains.

Bien que la vaste région qu'ils contrôlent soit essentiellement désertique, elle comprend des routes de contrebande lucratives pour tout, du tabac et des stupéfiants en passant par les armes et aux migrants d’Afrique subsaharienne qui espèrent rejoindre l'Europe.

En conséquence, la région est non seulement un refuge potentiel sûr et un terrain de formation pour les militants islamistes, mais aussi un endroit qui peut s’auto-suffire économiquement. Les responsables américains sont particulièrement préoccupés par rapport aux informations selon lesquelles des membres du groupe nigérian 'Boko Haram' se rendent dans le nord du Mali pour la formation. (FIN/2012)

 

 

 

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