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SOUDAN DU SUD
Des guerres tribales menacent encore
Jared Ferrie

YUAI, Soudan du Sud, 2 nov (IPS) - L’énorme hélicoptère de fabrication russe est descendu lentement vers des cases en terre coniques regroupées et entourées de prairies infinies, luxuriantes et vertes avec les pluies de la saison ici dans le village sud-soudanais de Yuai.

L’endroit est maintenant calme, mais il y a moins d'un an c'était une communauté prise dans un conflit ethnique qui a ravagé l'Etat de Jonglei et a vu des milliers de personnes massacrées.

Les villageois de Yuai se sont regroupés sur cette piste d’atterrissage en terre le 26 octobre pour accueillir les membres d'un comité chargé par le président sud-soudanais, Salva Kiir, de ramener la paix dans cet Etat ravagé par des violences.

Au moins 1.600 personnes sont mortes en 2011 dans des bagarres entre les groupes ethniques Murle et Lou Nuer, selon les Nations Unies. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’en février 2012, tuant 400 autres personnes.

"Le président m’a demandé et à d'autres collègues d’amener la paix dans tout le grand Jonglei, parce qu’à l’époque, Jonglei était presque divisé. Nous nous entretuions, Nuer, Dinka, Murle", a déclaré aux chefs communautaires à Yuai, le directeur du comité, Daniel Deng, qui est l'archevêque de l'Eglise épiscopale du Soudan et du Soudan du Sud.

A la suite des violences, le gouvernement a lancé un processus de paix ainsi qu'un programme dans tout l'Etat pour désarmer les civils en mars.

Cette campagne de désarmement a été en proie à des allégations d’exactions commises par des soldats du gouvernement, mais la paix a été largement entretenue entre les groupes ethniques, dont les chefs ont signé un accord de réconciliation en mai.

Cette paix fragile est maintenant en train d’être menacée par l'émergence d'une nouvelle milice anti-gouvernementale dirigée par David Yau Yau, et des analystes ainsi que des responsables préviennent que ces rebelles pourraient déclencher un nouveau conflit ethnique à Jonglei.

"Nous espérons que le gouvernement aura le dessus, ils maîtriseront cette rébellion", a indiqué Deng à IPS.

"Si le gouvernement réussit à maîtriser David Yau Yau, alors je pense que les civils seront heureux et la paix se poursuivra".

Le gouvernement sud-soudanais accuse son ancien ennemi dans la guerre civile, le Soudan, d'armer Yau Yau – une accusation que les autorités soudanaises nient. Mais les exactions commises au cours du désarmement par sa propre armée, appelée l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), ont également contribué au renforcement des forces de la milice, selon un rapport publié le 31 octobre par 'Small Arms Survey', une institution de recherches, basée à Genève.

"Des militaires menant la campagne ont commis des viols, des tortures et des massacres - essentiellement contre les communautés Murle – renforçant la méfiance des Murle à l’égard de la SPLA", indique le rapport intitulé "Mon voisin, mon ennemi: des violences intertribales à Jonglei".

Jonah Leff, l'auteur du rapport, a déclaré à IPS que Yau Yau "a pu recruter des jeunes Murle en exploitant leurs griefs par rapport à la mauvaise conduite de la SPLA au cours du programme de désarmement". Il a ajouté que les jeunes Lou Nuer ont commencé à se réarmer en cas d'attaques de la part des jeunes Murle qui ont reçu des armes auprès de Yau Yau.

Deng a dit qu'il était préoccupé de ce que Yau Yau pourrait détruire la paix entre les tribus si la SPLA était incapable d’empêcher ses forces d'attaquer d'autres communautés ethniques.

Une telle tendance dommageable peut avoir déjà commencé.

Dans une interview à Yuai, la capitale du comté d’Uror, le commissaire du comté, Simon Duoth, a affirmé que des combattants rebelles ont attaqué une famille dans le comté voisin d'Akobo, le 25 octobre.

Les deux comtés font partie du territoire traditionnel des Lou Nuer.

Auparavant, les forces de Yau Yau avaient principalement ciblé les postes de la SPLA dans le comté de Pibor, qui abrite les Murle. Au moins 100 militaires ont été tués depuis le 22 août, selon 'Small Arms Survey', qui estime que la milice compte aujourd'hui 3.000 combattants.

Si la tendance des exactions commises sur les civils Murle par des militaires continue, ce nombre pourrait augmenter.

'Small Arms Survey' a affirmé dans le rapport que les militaires ont même battu et détenu des civils qui ont tenté de porter des violations à leur attention. Le groupe a dit que l'attitude par rapport au désarmement dans les zones Lou Nuer a été plus positive, avec des gens qui rapportent que les militaires ont retourné le bétail volé et accompagné les agriculteurs dans leurs champs.

"Les Murle, de l’autre côté, signalent que la SPLA a offert peu ou pas de protection, et dans certains cas, a volé leurs outils agricoles", indique le rapport. "Pour beaucoup de Murle, l'ennemi principal n'est plus les Lou Nuer, mais la SPLA".

Le colonel Kella Dual Kueth, un porte-parole de l'armée, a démenti que des militaires commettent des exactions. D'autres responsables gouvernementaux ont accusé des militaires individuels, niant qu'il existe une tendance d'exactions contre des civils Murle.

Deng a repris ces déclarations: "Ce n'est pas la politique; ce sont certains militaires qui se seraient détournés du droit chemin".

"Alors, on ne peut pas considérer que c'est la SPLA. Ce sont ceux qui ne respectent pas la loi et déjà, la SPLA a pris des mesures contre eux", a-t-il souligné.

Mais des organisations dont 'Human Rights Watch' (HRW) et 'Amnesty International' ont enquêté sur des exactions généralisées à Pibor qui comprennent le viol, des bastonnades et la torture. Dans une déclaration faite le 23 août, HRW a indiqué que les autorités n'ont pas pris des mesures suffisantes pour freiner les violations ou tenir responsables les militaires brutaux. (FIN/2012)

 

 

 

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