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RD CONGO
Manque de routes au Kasaï-Oriental pour évacuer des produits agricoles
Donat Muamba

MBUJI-MAYI, RD Congo, 1 nov (IPS) - «Dans 50 jours, je vais récolter mon maïs sur un hectare..., mais je me demande comment acheminer cela à Mbuji-Mayi, où j’espère gagner de l’argent», s’interroge Muad Kalend, une cultivatrice du village de Wikong, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).

Wikong est un village situé à plus de 300 kilomètres au sud-est de Mbuji-Mayi, la capitale de la province du Kasaï-Oriental.

Willy Mutomb, un autre paysan dans la même zone agricole, se souvient de ses stocks de cultures maraîchères (tomates, gombo, poireaux, carottes...), avariés en août 2012, dans un camion embourbé en partance pour Mwene-Ditu, la deuxième ville de cette province.

Le 27 octobre, un camion s’est renversé à Tshikulu Mabwa, à 35 km de Mwene-Ditu, faisant 13 morts et cinq blessés. Cet accident est causé par le mauvais état de la route, selon les autorités locales de Luilu, le territoire où l’accident est survenu. Parmi les accidentés, figuraient des importateurs de produits vivriers à Mbuji-Mayi et Mwene-Ditu. Le gouvernement provincial a débloqué plus de 500 dollars pour les soins des blessés.

Les consommateurs trouvent finalement leur salut dans les transporteurs à vélos appelés ici 'moustrongueurs' désignant des gens qui transportent des surcharges. Ils assurent le transport des produits agricoles, au moment où les véhicules deviennent rares.

«Ils sont plusieurs centaines actuellement, ces 'moustrongueurs'. Ils vont jusqu’à plus de 600 kilomètres et nous ramènent de l’huile de palme, du maïs, du manioc, voir du carburant», reconnaît Honoré Mutombo, ministre provincial des Transports et Voies de Communication.

«Le mot 'moustrongueurs' est un terme vulgaire employé ici pour désigner les transporteurs à vélos», indique Mutombo, ajoutant que leur présence est un soulagement dans l’approvisionnement des centres de consommation en vivres et autres marchandises.

Martin Sulu, inspecteur de l’agriculture, affirme à IPS que les vélos font entrer jusqu’à plus de 500 tonnes de produits agricoles chaque mois à Mwene-Ditu.

Les routes rurales sont devenues impraticables, notamment en cette saison des pluies. «Au Kasaï-Oriental, nous avons neuf mois de pluies dans l’année», explique à IPS, Kambi Dibaya, un climatologue basé à Mbuji-Mayi.

L’impraticabilité des routes non-bitumées est un handicap dans l’évacuation des produits vivriers. «Les gros camions ne savent pas circuler facilement là-bas; c’est pénible et ça nous consomme beaucoup de carburant», souligne Albert Kabeya, responsable d’une agence de transport à Mbuji-Mayi.

Les quelques kilomètres aménagés sont vite détruits par les pluies qui tombent ces jours-ci, constate IPS. Cela décourage les camionneurs qui, soit majorent les prix de transport, soit garent leurs véhicules.

Cette difficulté de transport influe sur les prix des denrées alimentaires: une mesure de 2,5 kilogrammes de maïs coûte trois dollars US, et deux kilos de manioc 1,65 dollar. Ces prix sont élevés pour les foyers pauvres alors que les deux produits sont des aliments de base dans cette partie de la RDC.

Espérant Kasala, un importateur de maïs à Mbuji-Mayi, déclare à IPS avoir suspendu son activité à cause du coût élevé de transport ces derniers temps. Les transporteurs à vélo demandent 12 cents US par kilo. Mais sur de longues distances de 200 à 600 km, eux-mêmes deviennent commerçants, achètent et transportent les produits pour venir les vendre pour leur propre compte.

«Pour réhabiliter les principales routes rurales, le gouvernement provincial a besoin de 52 millions de dollars», indique le ministre Mutombo. Il estime que 40 pour cent de ce montant seront disponibles d’ici à la fin de l’année, grâce à l’aide de la Coopération technique belge.

«Ce n’est que vers janvier ou février 2013 que les travaux pourront démarrer», dit-il, ajoutant qu’ils vont refaire 1.500 kilomètres de routes de desserte agricole.

Malgré leur contribution à l’économie de la province, «les 'moustrongueurs' sont souvent victimes des agresseurs qui les braquent chemin faisant», témoigne Mbuyi Cikala, président de l’Association des colporteurs et pédaleurs de Mwene-Ditu.

Denis Kabamba, un autre 'moustrongueur' garde un mauvais souvenir de ce métier. «En 2010, je suis tombé entre les mains des coupeurs de routes. Ils m’ont ravi mon capital de 150 dollars et mon vélo», déclare-t-il à IPS. Mais, il confirme avoir repris son activité avec un vélo qu’il vient d’acquérir.

«Quand nous arrivons aux barrières de contrôle, on exige de nous des documents parmi lesquels la carte d’électeur et 500 francs congolais (environ 56 cents US) par tête», affirme Muteba Tebar, un autre colporteur. «A défaut de la carte, les amendes augmentent», dit-il, déplorant les pertes que ces taxes parfois illégales entraînent sur sa petite activité.

Mutombo qui assurait également l’intérim du ministre provincial de l’Intérieur, reconnaît que ces 'moustrongueurs' subissent beaucoup de tracasseries parce que des bandits portent souvent de tenues militaires ou de policiers pour racketter la population mal informée.

«Mais le gouvernement provincial vient de voter une décision supprimant toutes ces barrières sur l’étendue de la province», ajoute Mutombo.

Lambert Mutanda, président national de l’Association des colporteurs et pédaleurs du Congo, souhaite la suppression effective de ces barrières.

«Le transport à vélo rassure plutôt que les engins motorisés», admet Zadio Kazadi, un camionneur, faisant la route de Ngandanjika, à 90 km à l’est de Mbuji-Mayi.

«Actuellement, nous mettons un à deux jours sur ce tronçon, en raison de la boue et des inclinaisons», affirme Jean Kayembe, un autre camionneur sur le même axe.

Les agriculteurs, les syndicats de transporteurs et des consommateurs sont unanimes: «Nous demandons au gouvernement provincial de s’attaquer d’abord aux points chauds..., les endroits les plus dégradés le long des routes et d’en assurer la maintenance», souligne Kayembe à IPS. (FIN/2012)

 

 

 

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