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HONDURAS
Les femmes garifunas, des gardiennes de la culture et de l’environnement
Thelma Mejía

TRUJILLO, Honduras, 31 oct (IPS) - L'ouragan Mitch, qui avait dévasté le Honduras il y a 14 ans, avait poussé un groupe de femmes garifunas à commencer à s’organiser, afin d'aider les gens qui ont le plus besoin d'assistance.

Depuis ce temps, elles ont élargi leur travail, et sont devenues un exemple de l'engagement à préserver l'environnement, à pratiquer l'agriculture de manière durable et à préserver leur culture.

Cette expérience a donné naissance au Comité d'urgence garifuna du Honduras, dirigé essentiellement par les femmes de la province de Trujillo, dans les Caraïbes, l'une des plus belles régions du pays, et le premier établissement humain créé par les colonisateurs espagnols.

Selon des récits historiques, les Garifunas sont les descendants d'esclaves africains qui ont survécu au naufrage de galions espagnols au large des côtes de l'île Saint-Vincent dans les Caraïbes au 17ème siècle, où ils se sont mariés avec les membres de la tribu indigène Caraïbe.

Leur langue combine des mots et la grammaire des langues d’Afrique de l’ouest avec le dialecte Arauak des Caraïbes, et un peu de français, d’anglais et d’espagnol. Les Garifunas sont estimés à environ 600.000 en Amérique centrale, dans les Caraïbes, au Mexique et aux Etats-Unis aujourd'hui.

"Quand Mitch a frappé notre communauté et que l'aide ne venait pas, nous nous sommes organisés pour aller rechercher de nourriture, de médicaments et d'abri, parce que nous ne pouvions pas permettre à notre peuple de sombrer", a déclaré à IPS, Nilda Gotay Hazel, la directrice exécutive du comité.

Du 22 octobre au 5 novembre 1998, l'ouragan Mitch avait fait des ravages dans toute la région des Caraïbes, en Amérique centrale, dans le sud du Mexique et aux Etats-Unis.

Il a touché le Honduras de manière particulièrement dure, faisant 6.500 morts, 9.000 disparus et 1,5 million de sans-abri, et causant quelque quatre milliards de dollars de pertes économiques, selon des chiffres officiels.

Le Comité d'urgence garifuna est composé de neuf femmes et trois hommes, et travaille depuis 13 ans dans trois domaines principaux: l'environnement, la conservation de la culture et l'agriculture durable.

Seize communautés ont bénéficié du travail de ce comité qui, depuis sa création, a réussi à sensibiliser les communautés sur l'importance de la préservation de l'environnement local à travers des projets de reboisement des bassins des cours d'eau et des fleuves, d'atténuation des changements climatiques, et de la production de cultures sans pesticides.

Elles ont bénéficié d’une variété d'aide internationale, parce que les projets impliquent les communautés garifunas extrêmement pauvres qui "doivent être fortes pour faire face aux défis de l'avenir", a expliqué Gotay, un chef du groupe ethnique.

"Nous enseignons à nos gens comment cultiver des produits qui sont traditionnels à notre culture, comme le manioc, le taro, le plantain, les noix de coco et les patates douces, en plus de l'éducation de nos enfants au sujet des traditions garifunas dans la danse et la musique", a-t-elle souligné.

Ces pratiques traditionnelles, a déclaré Gotay, ont aidé les communautés à se préparer aux catastrophes naturelles et à la longue sécheresse plus fréquente causée par les changements climatiques. Elles ont réussi à récupérer les bassins fluviaux en Guadeloupe et à Trujillo, reboiser les berges, et à récupérer des arbres fruitiers comme les cocotiers.

Hugo Galeano, un expert des questions environnementales, a affirmé à IPS que le travail effectué par le Comité d'urgence garifuna est le meilleur exemple de l'autonomisation et de l'organisation d'une communauté qui défend ses ressources naturelles, "puisqu’ils sont les protagonistes de leurs histoires de changement et de la préservation culturelle".

"Les femmes garifunas ont démontré leur capacité de leadership et de gestion, sans avoir besoin d'intermédiaires, ce qui a fait baisser les coûts et donne à ces groupes de base de la société civile un niveau d'organisation communautaire plus élevé", a-t-il dit.

En plus de la mise en œuvre des projets en faveur de l'environnement et de l'agriculture durable, les communautés qui ont bénéficié des projets du comité, ont également réussi à éviter à la culture garifuna de mourir parmi les jeunes générations.

Elles ont maintenant un marché garifuna où elles vendent des produits relatifs à leurs racines culturelles et gastronomiques. Et chaque avril, elles organisent le Carnaval garifuna pour l'éducation, dans lequel "baile del maipol" (l’arbre de mai) est gardé par des femmes en costume en train de danser avec des rubans colorés attachés à un arbre.

Elles expliquent également aux enfants l'importance du tambour traditionnel garifuna fait de bois durs évidés comme l'acajou, qui relie le passé et l'avenir, et elles leur apprennent à écrire la musique dans leur langue maternelle. (FIN/2012)

 

 

 

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