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Q&R
Les coopératives aident les femmes à resserrer les rangs
Sabina Zaccaro interviewe SAQUINA MUCAVELE, directrice exécutive de 'MuGeDe Mulher, Genero e Desenvolvimento', une organisation à but non lucratif basée au Mozambique

ROME, 25 oct (IPS) - C'est une vérité avérée que de dire que lorsque les femmes se regroupent, elles peuvent résoudre leurs problèmes plus énergiquement qu'elles ne peuvent le faire individuellement.

Les coopératives fournissent un sentiment de responsabilité et d'engagement, ainsi qu’une concurrence saine qui apporte des résultats tangibles, selon Saquina Mucavele, directrice exécutive de Femmes, genre et développement, une organisation à but non lucratif basée au Mozambique focalisée sur la durabilité, le développement rural et les questions de genre.

Venue à Rome pour participer à un séminaire parrainé par l'Organisation mondiale des agriculteurs le 19 octobre sur la façon dont les coopératives agricoles peuvent aider les femmes rurales, Mucavele estime "qu’il y a un besoin pour des réseaux locaux plus forts qui répondent aux demandes spécifiques des femmes agricultrices et des paysans, avec un accent particulier sur les femmes agricultrices rurales à petite échelle".

S'adressant à la correspondante de IPS, Sabina Zaccaro, en marge de la Semaine mondiale de l'alimentation, dont le thème cette année est "Les coopératives agricoles – la clé pour nourrir le monde", organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Mucavele a déclaré: "Ces réseaux ne sont pas ciblés et sont fragiles. Il y a (un besoin urgent) pour le renforcement des capacités des institutions rurales afin de promouvoir la participation des femmes au développement".

Voici quelques extraits de l’interview:

Q: Comment les coopératives agricoles appuient-elles les ouvrières agricoles?

R: Les réseaux et les coopératives constituent la bonne stratégie pour le développement des agriculteurs (pourvu) qu'ils aient l'appui et un bon leadership. Travailler de façon coopérative concerne non seulement le fait d'être impliqué dans le travail commun; il permet également aux membres de partager leurs problèmes et de trouver des solutions collectives.

Il y a même la possibilité de créer un marché commun, et d'autres établissements tels que les hôpitaux, les centres de formation et les banques, pour les membres. En se regroupant en une coopérative, les femmes rurales peuvent renforcer leur voix pour plaider pour des droits.

Q: Quel rôle les hommes devraient-ils jouer dans ce processus?

R: Il y a un besoin urgent de changer l'attitude et la mentalité au sein des communautés rurales, où la domination masculine prévaut dans tous les secteurs de développement. Dans l'agriculture, par exemple, plus de ressources sont allouées à la production de cultures de rente, un domaine dominé par les hommes, alors que les femmes sont limitées à l'agriculture de subsistance (avec moins) de ressources et un accès limité aux marchés pour leurs produits périssables.

Les hommes devraient travailler ensemble avec les femmes, reconnaissant que la question de (l’inégalité) entre les sexes affecte à la fois les hommes et les femmes, bien que les femmes la ressentent avec plus d'acuité. Les hommes devraient être pleinement impliqués dans les objectifs visant à parvenir à un développement durable et à réduire les inégalités de genre.

Q: Selon de récentes études, si les femmes reçoivent les outils pour accroître la production alimentaire et la productivité, elles peuvent réduire le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde de 12 à 17 pour cent. Comment les femmes peuvent-elles surmonter les obstacles aux ressources et à la terre afin de fournir plus de nourriture?

R: Afin d'améliorer la productivité et les méthodes agricoles, les femmes rurales ont besoin de conseils techniques, d'informations et de formation.

Une bonne stratégie de développement reconnaîtrait le rôle (crucial) de l'éducation et de la formation des femmes rurales pour améliorer la production et la productivité; ferait la promotion des techniques agricoles favorables aux femmes qui pourraient réduire (la journée de travail) et donner aux femmes plus de temps pour une participation politique au sein de la communauté et pour d'autres activités génératrices de revenus; et institutionnaliserait leur implication et leur participation à la conception, la formulation et à la planification des politiques.

Elles ne peuvent pas continuer à être considérées uniquement comme des 'bénéficiaires' mais un groupe possédant de (précieuses) connaissances qui peuvent favoriser le développement rural et contribuer aussi à l'économie nationale.

Enfin, il est essentiel de soutenir et d'aider les femmes dans l'enregistrement et l'accès aux titres fonciers et de faciliter la question du crédit, en particulier pour les petites agricultrices. Cela devrait (idéalement) être fait à travers un fonds pour soutenir les femmes agricultrices et la création de banques de femmes dans les zones rurales où les membres peuvent accéder au crédit à des conditions favorables.

Q: Malgré le fait que les femmes représentent plus de 75 pour cent des ouvriers agricoles et gardiens de bétail dans les pays en développement et constituent la majorité des producteurs de vivres, transformateurs et des commerçants en Afrique, leur rôle dans la détermination des politiques dans le secteur agricole reste secondaire. Pourquoi?

R: Des perceptions culturelles (profondément enracinées) pourraient être l’une des raisons. Les opinions des femmes ne sont pas valorisées et leurs droits (sont rarement) reconnus. De vieilles barrières comme le système patriarcal doivent être corrigées en engageant non seulement le gouvernement, mais aussi les chefs traditionnels (des villages ou des quartiers).

L’autre raison, c’est le manque d'accès et de contrôle des terres, et de toutes les ressources productives, ainsi que le fait que les taux les plus élevés d'analphabétisme se trouvent chez les femmes, en particulier les femmes rurales.

Le gouvernement devrait soutenir ses politiques agricoles avec les cadres juridiques appropriés en appui au développement des petites agricultrices. Il devrait soutenir l’implication des femmes dans la formulation, la mise en œuvre et la révision du processus de budgétisation afin de s'assurer que les ressources allouées sont sensibles au genre. (FIN/2012)

 

 

 

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