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SANTE-CONGO
Le vaccin contre la pneumonie désormais disponible et gratuit
Arsène Séverin

BRAZZAVILLE, 13 oct (IPS) - Le Congo Brazzaville a lancé, le 11 octobre, une campagne nationale de vaccination contre la pneumonie, une maladie qui tue beaucoup de petits enfants dans ce pays d’Afrique centrale. Ce vaccin est gratuit et concerne tous les enfants de deux à onze mois.

Les mères étaient très nombreuses jeudi au centre de santé intégré Marien Ngouabi de Talangaï à Brazzaville, la capitale congolaise, avec des nourrissons, pour les faire vacciner. «Mon bébé a deux mois, je l’amène ici pour qu’il reçoive déjà son premier vaccin contre la pneumonie. Comme il y a beaucoup de mamans, j’attends mon tour», a déclaré à IPS, Sandrine Ikama, une jeune mère.

«Le vaccin est important pour la vie de l’enfant. Malgré la foule de mamans et le temps pluvieux, je n’ai pas hésité à venir», a indiqué Dominique Mouleke, une autre mère.

Mais dans certains cas, les populations relèvent des dysfonctionnements. "Je vois que les choses ne sont pas bien organisées ici (à l'hôpital de Bissita de Bacongo à Brazzaville); les mamans sont pêle-mêle sous la pluie, et il faut attendre les vaccins qui ne sont pas apparemment sur place", déplore Léonard Ingoba, un homme qui a accompagné sa femme à la vaccination.

"C'est une bonne chose que les vaccins soient gratuits; mais est-ce une raison pour faire autant de bruit dans un pays si riche que le nôtre et où toutes ces faveurs auraient dû être déjà accordées au peuple?", demande Judith Prisca Mouitys de l'Association Femmes et santé, basée à Brazzaville.

Entre les cris des nourrissons et les appels des agents vaccinateurs, le responsable de l’hôpital Marien Ngouabi, Dr Pierre Symplice Okana, a rappelé que «le vaccin est pour le bien de l’enfant. Les mamans ne doivent pas écouter ce qu’on raconte à la cité sur les mauvais effets du vaccin». Il a rassuré que «le vaccin est disponible, bien que les services soient débordés de monde à cause de la gratuité».

Quelques semaines avant, les autorités avaient sensibilisé les confessions religieuses et les organisations communautaires sur l’importance du vaccin pour l’enfant. «C’est à l’église que nous avons été informés», indique une mère. «Dès que nous avons une telle information, elle passe en priorité dans nos annonces de chaque messe», souligne Jean Michel Eboni, secrétaire de la paroisse Centre de Moungali à Brazzaville.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), la pneumonie est la troisième cause de mortalité, après le paludisme et les diarrhées, chez les enfants de moins de cinq ans au Congo. Elle représente 14 pour cent de ces décès.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que sur quatre millions de décès annuels chez les enfants de moins de cinq ans en Afrique, la part de la pneumonie est de 18 pour cent. Ainsi, dès l’âge de deux mois, le nourrisson doit recevoir la première des trois doses requises du vaccin contre cette maladie.

C’est en juillet 2012 que le Congo a reçu le vaccin contre le pneumocoque, et a progressivement stocké les doses dans les 12 départements du pays, selon le gouvernement qui a formé 910 agents vaccinateurs déployés partout pour immuniser les enfants ciblés.

Pour éviter que les doses de vaccins ne s’abîment, les autorités ont installé trois chaînes de froid à travers le pays. «Le ministère de la Santé a acquis 193 réfrigérateurs et congélateurs électriques», indique le ministre de la Santé et de la Population, François Ibovi.

Tenant compte des problèmes de fourniture d’électricité dans le pays, Ibovi a ajouté que 43 réfrigérateurs solaires ont également été acquis avec l’aide de l’OMS et de l’UNICEF pour mieux conserver le vaccin. Il est désormais disponible dans tous les coins du pays et plus de 200.000 enfants pourraient en bénéficier chaque année, affirment les deux agences de l’ONU.

Grâce au fonds GAVI (Global Alliance for Vaccines and Immunisation), le Congo a pu obtenir de l’argent nécessaire pour rendre gratuit ce vaccin pour sa population. Marianne Flach, la représentante de l’UNICEF à Brazzaville, qui n’a pas révélé les montants, le «cofinancement étant un critère essentiel pour pouvoir bénéficier du soutien de GAVI», a simplement indiqué que le Congo a garanti la gratuité de ce vaccin.

Le Congo est le 15ème pays d’Afrique subsaharienne à avoir introduit ce vaccin. L’UNICEF a salué les efforts du Congo qui est l’un des pays d’Afrique centrale qui finance «régulièrement sur fonds propres» les différents vaccins de routine. En 2005, le Congo avait institué la gratuité pour le vaccin contre la fièvre jaune, et celui contre l’hépatite B en 2007.

Le pays avait été confronté entre 2010 et 2011 aux épidémies meurtrières de poliomyélite, de choléra et de rougeole, ayant tué près de 300 personnes. Ces maladies peuvent être évitées grâce aux vaccins.

Chaque année, plus de 10.000 enfants au Congo n’atteignent pas l’âge de cinq ans, suite aux maladies pourtant évitables par la vaccination. «Après ces épidémies meurtrières, la vaccination est une priorité nationale en cette année 2012, déclarée Année de la santé au Congo», a affirmé le ministre Ibovi. (FIN/2012)

 

 

 

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