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RD CONGO
Intervenir dans l’est, une priorité croissante des activistes
Carey L. Biron

WASHINGTON, 31 août (IPS) - Comme la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer à la suite d'une rébellion armée qui a commencé en avril, certains activistes ont renforcé les appels pour une intervention militaire étrangère.

"L'idée d'une force internationale nous a divisés, mais nous avons décidé qu'il faut effectivement une force militaire dans la région", a déclaré mercredi à un groupe de discussion à Washington, Baudoin Hamuli Kabarhuza, coordonnateur national de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, s’exprimant depuis Kinshasa.

Kabarhuza a stipulé qu'une telle force devrait être internationale et sous les auspices à la fois de l'Union africaine et des Nations Unies.

Cette question est également en cours de discussion au sein du gouvernement américain.

"Existe-t-il une solution militaire à ce problème? Pouvons-nous opérer un changement militaire sur le terrain militairement afin de changer une issue politique?", a demandé mercredi (29 août), Steven Koutsis, directeur par intérim du Bureau des affaires de l'Afrique centrale au département d'Etat américain. "En résumé, c’est la question que nous discutons au sein du gouvernement américain et avec nos partenaires".

Depuis avril, l'est de la RDC est de plus en plus déchiré par des rebelles qui ont particulièrement ciblé les populations civiles. Profitant des désertions au sein des forces armées congolaises au printemps, plusieurs groupes armés ont lancé une série d’attaques sectaires sanglantes.

Au moins un de ces groupes, appelé le Mouvement du 23 mars (M23), accuse le gouvernement de Kinshasa d'avoir violé un accord de paix de 2009 avec le Rwanda. Selon un rapport de l'ONU publié en juin, ainsi que plusieurs autres sources, le M23 bénéficie directement du soutien du gouvernement rwandais.

Bien qu'il y ait actuellement une cessation non officielle des combats entre le M23 et le gouvernement de la RDC, il n'existe aucun accord de cessez-le-feu et aucun suivi ne se fait.

En attendant, selon Koutsis, "les deux parties renforcent leurs positions, et si pour une raison quelconque le cessez-le-feu échoue, le retour à l'action militaire serait beaucoup plus violent que ce que nous avons vu jusqu'à présent".

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, plus de 470.000 Congolais ont fui leurs maisons depuis avril.

Le 29 août, Navi Pillay du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme, a souligné la "férocité pure" des violences, déclarant que "dans certains cas, les attaques contre des civils peuvent constituer des crimes contre l'humanité".

Une force plus capable?

Les Nations Unies elles-mêmes ont déjà un contingent militaire qui opère au Congo, une force de maintien de la paix de 18.000 soldats appelée Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO). Mais cette "mission de stabilisation" a fait l’objet de critiques accrues pour son échec visible à protéger les civils.

"Nous sommes confrontés, encore, à une crise humanitaire fondamentale dans l'est du Congo, et jusqu'à présent, la communauté internationale, et en particulier la MONUSCO, n'ont pas pris les mesures nécessaires pour y mettre fin rapidement", a déclaré mercredi à Washington, Mark Schneider, un vice-président supérieur à 'International Crisis Group', une organisation de réflexion sur les crises.

"Nous croyons que s’il n'y a pas une volonté plus manifeste de la part de la MONUSCO à utiliser ses forces de manière plus robuste conformément à son mandat, il est très peu probable que vous soyez en mesure d'obtenir le soutien politique nécessaire".

Bien qu'il existe des différences de perception par rapport à ce que le mandat de la MONUSCO autorise exactement, et donc dans quelle mesure elle serait capable d’affronter unilatéralement les groupes armés dans l'est du Congo, Schneider a estimé que cette question est assez claire.

"Il existe un grand pouvoir pour la MONUSCO de prioriser la protection des civils, ce n'est pas une action offensive, mais (elle est) plutôt destinée à protéger les civils", a-t-il indiqué.

"La MONUSCO est une force militaire capable si on lui ordonne de mener la mission. Pourtant en RDC, les gens ne comprennent pas pourquoi la force militaire la plus compétente dans le pays n'est pas disposée à utiliser sa puissance de feu pour mettre en œuvre son mandat".

Au Conseil de sécurité des Nations Unies le 29 août, le représentant spécial du secrétaire général pour la RDC, Roger Meece, a souligné la priorité que la MONUSCO accorde à la protection des civils. Cependant, il a également qualifié la "détérioration de toute la situation sécuritaire" dans certaines parties de l'est du Congo "d’extrêmement alarmante".

Le moment pour une paix durable

La réunion du Conseil de sécurité a été convoquée pour discuter de l'appui continu du gouvernement rwandais à certains groupes armés opérant dans l'est du Congo.

Mercredi, évoquant la relation unique entre les Etats-Unis et le gouvernement rwandais, Kabarhuza a demandé à plusieurs reprises aux Etats-Unis de renforcer leur engagement au Congo.

Au cours des deux dernières décennies, Washington a été un grand bailleur de fonds du gouvernement rwandais. Les Etats-Unis fournissent également plus d'un quart du budget de la MONUSCO.

La communauté internationale doit faire appel aux voisins de la RDC, a déclaré Kabarhuza. Au même moment, "l'Amérique a un rôle important à jouer dans la région, puisqu’elle a une bonne relation avec le gouvernement de la RDC ainsi qu’avec le Rwanda et l'Ouganda".

"Nous en avons marre de la guerre; nous en avons marre de souffrir. Il est temps que la communauté internationale soutienne une paix durable ici", ajoute-t-il. (FIN/2012)

 

 

 

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