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EGYPTE
Les Frères musulmans montent sous une coupe militaire
Adam Morrow

LE CAIRE, 28 juin (IPS) - Mohamed Morsi des Frères musulmans, est confronté à toute une série d’obstacles politiques après avoir été officiellement déclaré le premier président démocratiquement élu de l’Egypte, le 24 juin.

"En raison des manœuvres politiques en cours entre les Frères musulmans et le conseil militaire au pouvoir, il est incertain jusqu’à présent de savoir devant quelle institution d’Etat Morsi prêtera serment", a déclaré à IPS, Abdel Ghaffar Shukr, fondateur du Parti de l’alliance socialiste populaire.

Le 24 juin, la commission électorale d’Egypte a finalement annoncé les résultats officiels d’un deuxième tour vivement disputé les 16 et 17 juin entre Morsi et son rival Ahmed Shafiq, le Premier ministre de l’ère de Moubarak largement considéré comme le candidat de choix du Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir.

Morsi a obtenu 51,7 pour cent (environ 13,2 millions des voix) contre 48,3 pour cent (quelque 12,3 millions des suffrages) pour Shafiq.

Pourtant, même avant qu’il ne soit officiellement nommé président, Morsi est confronté à d’énormes obstacles politiques du fait d’une pluie de décisions judiciaires et de décrets militaires récents qui sapent considérablement le parlement et la présidence de l’Egypte.

Le 14 juin, la Haute cour constitutionnelle d’Egypte (HCC) a statué qu’une loi sur les élections législatives, "qui avait régi le scrutin législatif de l’année dernière", est inconstitutionnelle. Le lendemain, le CSFA a ordonné la dissolution de l’Assemblée populaire (la Chambre basse du parlement démocratiquement élu d’Egypte), dont presque la moitié des sièges était détenue par le Parti pour la liberté et la justice des Frères musulmans. Cette décision a laissé les experts en droit se gratter la tête.

"La décision n’a pas réussi à fournir une raison juridique pour la dissolution de toute l’assemblée", a indiqué à IPS, Atef al-Banna, professeur de droit constitutionnel à l’Université du Caire. "La cour a seulement trouvé qu’un tiers des sièges à l’Assemblée populaire", ceux réservés aux indépendants mais qui ont été disputés par des candidats affiliés à des partis "sont constitutionnellement douteux".

Le conseil militaire est allé plus loin le 17 juin lorsqu’il a émis un 'avenant' à la Déclaration constitutionnelle (publiée par le CSFA au lendemain du soulèvement de la place Tahrir l’année dernière et approuvée par un référendum populaire). Emis à la fermeture des bureaux de vote à la suite du deuxième tour de l’élection présidentielle (et avant le décompte des voix), cet avenant élargit les pouvoirs considérables du CSFA au détriment du parlement et "plus important encore", de la présidence.

Premièrement, il transfère tous les pouvoirs législatifs "avec le contrôle du processus de rédaction de la constitution" de l’Assemblée populaire actuellement dissoute au CSFA; deuxièmement, il affecte des prérogatives exécutives majeures, notamment le pouvoir de déclarer la guerre, de la présidence au conseil militaire; et troisièmement, il stipule que le nouveau président doit prêter serment "en l’absence d’un parlement fonctionnel" devant la HCC.

"Cet 'avenant' fait effectivement de l’armée égyptienne un Etat dans un Etat", a déclaré à IPS, Abdullah al-Sennawi, un analyste politique. "Selon ses termes, le prochain président d’Egypte devrait partager son pouvoir exécutif démocratiquement mandaté avec le CSFA".

Cette démarche, a ajouté al-Sennawi, "ne représente rien d’autre qu’un coup d’Etat en douceur contre la transition démocratique post-révolution en Egypte".

Al-Banna n’était pas moins critique à l’égard de l’avenant controversé. "La Déclaration constitutionnelle de l’année dernière a été soumise à un référendum populaire pour approbation", a-t-il dit. "Techniquement, par conséquent, cet 'avenant', aussi, devrait être soumis à l’approbation du public".

Depuis le 19 juin, des dizaines de milliers de manifestants de tendance islamiste "dirigés par les Frères musulmans" campent sur la place Tahrir pour exiger le rétablissement de la Chambre basse du parlement, et l’annulation de l’avenant constitutionnel du CSFA.

Le fait que l’avenant stipule que le président élu doit prêter serment devant la HCC, en attendant, a constitué un autre dilemme pour les Frères musulmans.

"Selon l'avenant constitutionnel, Morsi doit prêter serment devant la HCC avant de devenir président, même si les Frères musulmans rejettent à la fois l'avenant lui-même et la décision de la HCC qui a conduit à la dissolution de l'Assemblée populaire", a expliqué Shukr.

Ces derniers jours, les Frères musulmans ont publié des déclarations contradictoires concernant l’institution d’Etat devant laquelle Morsi prêterait serment, en fait. Certains ont dit qu'il le ferait devant le parlement dissout; d'autres affirment qu'il le ferait devant la HCC; et d'autres encore ont estimé qu'il prêterait serment lors d'une cérémonie à la place Tahrir.

Selon le calendrier électoral officiel du CSFA, le nouveau président de l'Egypte est censé prêter serment samedi (30 juin).

Morsi est actuellement en discussion avec le CSFA dans l'espoir de parvenir à un accord visant à modifier l'avenant constitutionnel et rétablir l'Assemblée populaire dissoute, afin qu'il puisse prêter serment devant le parlement.

Cependant, ses chances paraissent faibles. Le mardi (26 juin), Mamdouh Shahin, un membre du CSFA, a déclaré aux journalistes que Morsi "se conformerait à la loi et prêterait serment devant la HCC".

En attendant, cette situation a également placé les Frères musulmans et leur président élu sous la pression de leurs alliés séculaires révolutionnaires.

Le 26 juin, le mouvement de la jeunesse du 6 avril, "qui a joué un rôle important dans le soulèvement de l'année dernière et qui a jeté tout son dévolu sur Morsi lors du deuxième tour récent", a averti que prêter serment devant la HCC "reviendrait à reconnaître cet 'avenant constitutionnel' qui laisse l'Egypte sous le contrôle de facto de l'armée".

Mercredi (27 juin), le bureau présidentiel de Morsi a déclaré qu'il annoncerait définitivement le lieu de la cérémonie de prestation de serment le lendemain. Cependant, avant l'aube jeudi, la presse d'Etat a cité une source officielle comme disant: "Si Morsi ne prête pas serment devant la HCC samedi... le CSFA se réserve le droit de déclarer le poste de président vacant".

"Morsi peut avoir gagné l'élection", a indiqué Shukr, "mais la lutte actuelle entre le CSFA et les Frères musulmans pour le contrôle du pays est loin d'être terminée". (FIN/2012)

 

 

 

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