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RD CONGO
De nombreux défis pour la législation sur les ressources naturelles
Baudry Aluma

BUKAVU, RD Congo, 15 juin (IPS) - Des analystes voient La République démocratique du Congo (RDC) comme un coffre-fort de la biodiversité et un des plus importants pays pour la santé environnementale de la planète. Mais la population croissante du pays et la fragile productivité de son agriculture menacent la conservation de ses ressources naturelles.

Classée 5ème dans le monde pour sa diversité animale et végétale, la RDC est considérée comme devant être un réservoir de biodiversité et un régulateur vital du réchauffement climatique. Ses forêts denses absorbent le dioxyde de carbone venant des émissions des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique de la terre, expliquent les analystes.

Les bassins des fleuves Congo et Nil attendent beaucoup de la région du Kivu dans l’est de la RDC pour voir stabilisés leurs écosystèmes aquatiques et terrestres. Les bassins de ces deux fleuves – qui prennent leur source dans le Kivu – continuent de souffrir des pillages de la part des populations déplacées, victimes des conflits armés, et qui y trouvent refuge et moyens de survie.

La RDC occupe la dernière place sur un classement de 187 pays de l’Indice de développement humain, selon le rapport des Nations Unies de 2011, intitulé «Durabilité et équité: Un meilleur avenir pour tous». Les causes en sont multiples: faiblesses de gouvernance, conflits armés récurrents, notamment dans l’est, inadéquation des services de l’environnement, manque d’investissement public.

D’autres causes de destruction des écosystèmes sont citées, comme la pêche illicite, le braconnage, l’exploitation minière illégale, la pression de la population, l’agriculture sur brûlis, l’afflux des personnes déplacées, mais aussi des anciens miliciens hutu rwandais accusés de génocide au Rwanda et réfugiés dans la forêt de l’est de la RDC...

Interrogée par IPS, Sandra Kavira, de 'International Fertiliser Development Center' (Centre international pour la fertilité des sols et le développement agricole – IFDC), une organisation non gouvernementale (ONG) hollandaise dans la région des Grands Lacs, ajoute à ces causes des pratiques paysannes de l’agriculture traditionnelle, au Kivu, qui ne respectent plus les règles de préservation: incinération, coupe de bois pour l’ouverture de nouveaux champs, recherche du bois de chauffage, absence de lutte antiérosive.

Selon Kavira, ce sont autant de mauvaises pratiques qui dégradent les ressources naturelles de ce grand pays d’Afrique centrale. Elle regrette que la dégradation rapide de l’environnement au Kivu ait réduit sensiblement les précipitations et diminué l’humidité atmosphérique.

Cette ONG s’emploie à vulgariser l’approche de la Gestion intégrée de la fertilité du sol. Cette action est une partie cruciale de CATALIST, un vaste programme de l’IFDC. Elle implique l’application rationnelle des engrais organiques et minéraux de manière à améliorer durablement et cumulativement la fertilité du sol et sa productivité.

Samson Chirhuza, coordonnateur national de CATALIST en RDC, estime que la région du Kivu, avec son potentiel agricole élevé, connaît un effritement de la stabilité environnementale. «Dans une telle situation, la gestion et la protection de l’environnement deviennent impossibles», dit-il à IPS.

Selon le site Internet de l’ONG, «La perte d’éléments nutritifs de sol est énorme par hectare cultivé: près de 100 kilogrammes par an». Chirhuza ajoute que c’est l’une des plus élevées du monde.

Il est toutefois possible d’inverser cette tendance, déclare l’ancien ministre congolais de l’Environnement, José Endundo, affirmant que la politique du secteur des ressources naturelles en RDC a fait un grand bond en avant.

A une réunion du comité de pilotage du programme d'appui à la politique nationale de conservation et gestion des forêts et de la biodiversité, en mars dernier à Kinshasa, la capitale, dans le cadre de la coopération Union européenne-RDC, Endundo a indiqué que le pays a mis en œuvre un code forestier basé sur la loi du 29 août 2002.

La loi intègre les principes modernes de gestion des ressources naturelles et les conventions internationales sur l’environnement. Ce code forestier est jugé ambitieux par certains experts congolais qui regrettent toutefois qu’il ne soit pas suivi d’une politique d’application sur le terrain où la loi n’est pas connue. Mais, reconnaît l’ex-ministre, le pays revient de loin.

Selon le directeur des études et de la planification au ministère de l’Environnement, José Ilanga, plusieurs réformes majeures ont été opérées sur le terrain. Par exemple, 2.866 anciens agents on été mis à la retraite pour assurer le recrutement de quelque 1.000 autres de niveau universitaire, faisant passer à 10 pour cent le nombre d’agents qualifiés dans cette administration, capables de répondre aux exigences environnementales modernes en RDC.

Ilanga souligne également que 46 anciens titres forestiers - jugés conformes aux dispositions de la loi de 2002 – ont été convertis en contrats de concession d'exploitation octroyés à des sociétés exploitantes pour 25 ans. Il existait auparavant 156 titres forestiers représentant 22 millions d’hectares de forêts concédées pour l’exploitation forestière aux entreprises.

En outre, de nouveaux projets de loi ont été déposés au parlement, notamment sur la gestion et la protection de l’environnement, sur la conservation de la nature, le tourisme, et bientôt sur le Code l’eau en RDC.

Sur le terrain, des projets importants sont mis en œuvre avec succès par le ministère, comme le Programme de suivi du découvert forestier de la RDC par l’imagerie satellitaire, avec l’appui du Japon. Marc Kabunda, directeur des parcs, domaines et réserves à l’Institut congolais de conservation de la nature, a confirmé, par téléphone à IPS, la création de quelques aires protégées.

Selon Kabunda, le Projet de réhabilitation des aires protégées en RDC a été lancé en 2005 et concerne 16 aires protégées, dont cinq aires pilotes: Salonga, Virunga, Garamba, Upemba et Maiko. Il est financé conjointement par le Fonds pour l’environnement mondial et le Programme des Nations Unies pour le développement. Mais, il existe aussi des réserves, dont celle d’Okapi, le parc de Mangroves, la réserve naturelle de Tayna, et sept réserves de faune.

Par ailleurs, des décideurs politiques, des planificateurs et d’autres acteurs ont été sensibilisés dans le pays pour prendre désormais en compte les questions des changements climatiques dans les politiques et programmes de développement.

Ilanga assure que le bassin du Congo couvre la moitié du territoire congolais, avec 125 millions d'hectares, soit 47 pour cent du massif forestier tropical du continent africain et six pour cent des réserves tropicales du monde. Les autres pays de ce bassin sont principalement le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Gabon, la République centrafricaine, et l’Angola.

Mais, l’environnement de la RDC est sérieusement menacé par la perspective de l’exploitation minière et celle des hydrocarbures, qui se développera dans les années à venir. Déjà avec les guerres récurrentes dans l’est du pays, en plus du braconnage, des groupes armés incontrôlés exploitent des minerais divers et des espèces variées de bois.

Et c’est toujours l’est de la RDC, notamment le Kivu qui dispose d'une abondance en eau et de lacs poissonneux, comme le lac Tanganyika ainsi que d’autres richesses comme du pétrole, du gaz méthane, de coltan, de l’or et du diamant. Cette région a des besoins spécifiques pour la protection environnementale à cause des séquelles des guerres.

Le pays ressent déjà des effets de ces destructions environnementales: la dégradation des forêts, l'érosion des terres, le tout accentuant les changements climatiques dans le bassin du Congo, avec une forte chaleur accablante, une certaine irrégularité dans la durée des saisons pluvieuses ou sèches.

Patrick Nyamatomwa, activiste de l’environnement dans la société civile du Sud-Kivu, affirme que pour l’instant, la gestion des ressources naturelles en RDC est encore loin de répondre aux normes de gestion durable des forêts. Seuls les aspects liés à la rentabilité financière intéressent les exploitants et leurs entreprises. Ils s’occupent moins des aspects de la durabilité écologique ou de la prise en compte des besoins des communautés forestières.

*Cet article fait partie d’une série appuyée par le Réseau de connaissances sur le climat et le développement. (FIN/2012)

 

 

 

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