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MALI
Des appels croissants pour une intervention américaine
Carey L. Biron

WASHINGTON, 1 juin (IPS) - L'ambassadeur du Niger aux Etats-Unis, Maman Sidikou, a appelé jeudi les Américains à accroître la collaboration militaire avec les pays africains pour appuyer une éventuelle intervention au Mali.

Sidikou a déclaré qu'une "solution internationale" constituait la seule façon de faire face à la détérioration de la situation dans le pays.

Ces dernières semaines, en partenariat avec des militants islamistes, des rebelles touaregs ont enregistré d’importants gains dans un combat de longue date pour l'indépendance de la section massive du nord du pays.

En conséquence, environ 320.000 Maliens ont été contraints de fuir la situation de plus en plus chaotique. Toujours jeudi, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a massivement augmenté sa demande de financement pour son opération au Mali, à 153,7 millions de dollars.

Un responsable du HCR a qualifié la "dégénérescence brutale de la situation au Mali" de "totalement inattendue".

Au cours d'un événement ici à Washington, l'ambassadeur Sidikou a prévenu que "les terroristes consolident leurs positions au jour le jour dans le nord du Mali, et nous ne faisons que parler lors d'innombrables réunions. Faisons-nous semblant d'ignorer leur programme?"

Sidikou a indiqué que ce programme consistait à affaiblir les Etats de la région et créer un sanctuaire pour des groupes extrémistes.

"Nous parlons à nos amis aux Etats-Unis de fournir un soutien, de l'équipement, des renseignements et une formation aux forces armées dans la région", a-t-il poursuivi. "Chaque jour que nous permettons à Ansar Dine d'agir au Mali est une autre journée contre la paix et la sécurité au niveau mondial".

Ansar Dine est un groupe islamiste malien qui aurait des liens avec Al-Qaïda. Le 26 mai, Ansar Dine a conclu un accord avec un groupe de rebelles touaregs célèbre mais laïc appelé Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), déclarant collectivement qu’ils formeraient un Etat islamiste dans le nord du Mali.

Mais, toutes les branches du MNLA – qui se veut un mouvement laïc – n’étaient pas favorables à cet accord. Et jeudi soir (31 mai), le MNLA a finalement dénoncé l’accord, réaffirmant son opposition à un Etat islamique que veut imposer Ansar Dine.

Le MNLA a continué une lutte menée par les Touaregs pour l'indépendance du nord du Mali, une zone de la taille de la France, qui se poursuivait de manière irrégulière depuis les années 1960. Ayant longtemps agi en tant que mercenaires pour le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, ces forces rebelles se sont retournées au Mali au cours de l'année passée, lourdement armées.

Alors que le dernier soulèvement touareg contre le gouvernement malien a commencé en janvier, les événements récents ont reçu un coup de pouce significatif lorsque le gouvernement civil du président Amadou Toumani Touré a été renversé par un coup d’Etat, mettant une situation déjà précaire dans le chaos.

Le 6 avril, le MNLA a unilatéralement déclaré que le nord du Mali ferait sécession.

Alors que la communauté internationale était relativement lente à réagir, l'annonce de l'alliance avec Ansar Dine, le 26 mai, a ajouté une nouvelle urgence aux discussions internationales.

Le jeudi, l'ambassadeur Sidikou a averti qu'un processus "d’Afghanisation" est en cours dans certaines régions du Mali.

"Les filles ne sont plus déjà autorisées à aller à l'école dans le nord du Mali. Pour moi, c'est la première vague terrible de la crise dans le nord du Mali qui nous affecte tous", a-t-il indiqué.

L’appel de Sidikou a été fait juste au lendemain du jour où le président de l'Union africaine, le président du Bénin, Thomas Boni Yayi, a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies de soutenir l'intervention africaine au Mali.

Le mardi, le nouveau président français, François Hollande, a soutenu avec force une telle action, affirmant que le gouvernement français, l'ancienne puissance coloniale au Mali et dans les pays voisins, serait favorable à une décision prise par le Conseil de sécurité pour aider dans cette situation qui se développe.

Un deuxième groupe africain, le bloc ouest-africain appelé Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), avait semblé faire marche arrière par rapport aux précédentes menaces d'intervenir militairement après avoir accepté un président de transition post-coup d'Etat au Mali, le 21 mai.

Mais l'annonce d'un Etat islamique a clairement effrayé le groupe, avec le président de la Commission de la CEDEAO faisant semblant "d’incompréhension" et condamnant fermement cette "démarche opportuniste".

Cette déclaration, le 29 mai, a également prévenu que la CEDEAO "ne fera jamais de compromis sur l'intégrité territoriale du Mali" et a souligné la "détermination du groupe à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la descente du nord du Mali dans une zone d’anarchie pour des terroristes".

On dit que la CEDEAO dispose de 3.000 soldats prêts à être déployés au Mali.

Une hantise islamiste?

Pourtant, la logistique derrière toute intervention potentielle est extrêmement compliquée, et ne pourrait très probablement pas être effective tant que la situation politique dans le sud ne s'est pas stabilisée.

Des observateurs affirment que deux des voisins les plus importants du Mali, le Niger et la Mauritanie, seraient seulement en mesure de fournir quelques centaines de soldats à une force de l'Union africaine, tandis que d'autres, en particulier l'Algérie et le Nigeria, seraient confrontés à des problèmes politiques et connexes en le faisant.

L’éventualité que des soldats américains ou d'autres pays occidentaux aillent en réalité au Mali est aussi complètement hors de question.

"Le problème aujourd'hui, ce sont les combattants étrangers", a indiqué jeudi, Rudolph Atallah, un ancien membre de l'Armée de l’air américaine et maintenant un membre supérieur du Conseil de l'Atlantique, un groupe de réflexion à Washington.

"Si vous regardez les lettres qui ont été retrouvées dans le complexe d'Oussama ben Laden, il disait à ses combattants de se concentrer sur des cibles occidentales. Si les Etats-Unis se présentent avec des bottes sur le terrain partout dans cette région, nous leur donnons une raison d'être et d’agir". (FIN/2012)

 

 

 

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