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AFRIQUE
Les deux femmes présidentes du continent s’unissent pour la gent féminine
Travis Lupick*

MONROVIA, 11 mai (IPS) - Les deux seules femmes chefs d’Etat en Afrique, la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, et celle du Malawi Joyce Banda, viennent de s’engager à user de leurs positions pour améliorer la vie des femmes à travers le continent.

Sirleaf et Banda ont toutes deux défendu pendant longtemps les droits des femmes. Et le 29 avril, à Monrovia, la capitale du Libéria, deux ans après ce que l’Union africaine (UA) a déclaré la "Décennie de la femme", elles ont promis de travailler ensemble afin d’accélérer ces efforts.

"Aujourd’hui, c’est un jour où les femmes africaines doivent se réjouir", a déclaré Banda pendant que Sirleaf était debout à côté d’elle. "C’est notre journée. Et c’est notre année. Et c’est notre décennie!". Puis Sirleaf a affirmé son engagement – et celui du Libéria – à autonomiser les femmes.

"Nous deux avons une grande force", a indiqué Sirleaf. "Ensemble, nous pouvons faire plus pour autonomiser les femmes et nous assurer que le rôle des femmes dans la société est valorisé". Elle a ajouté que son pays travaillerait avec le nouveau gouvernement du Malawi pour promouvoir l’autonomisation de la femme.

Certes, les défis qui les attendent sont énormes. Utilisant les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) comme baromètre, le Libéria et le Malawi présentent généralement de faibles résultats dans les domaines de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme, l’éducation des filles, et la santé maternelle.

Selon les rapports 2010 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Libéria est seulement susceptible d’atteindre certains objectifs sur l’égalité, l’éducation, et le Malawi a peu de chances d’atteindre ses objectifs pour l’un quelconque des trois OMD qui se focalisent sur la femme.

Mais Banda a noté durant son discours qu’il n’y a jamais existé un meilleur moment pour promouvoir les droits des femmes en Afrique.

Sirleaf, une lauréate du Prix Nobel de la Paix, a été élue en tant que première femme présidente d’Afrique en 2005 et réélue en 2011. Alors que son premier mandat s’est focalisé sur la reconstruction d’un pays ravagé par deux guerres civiles, l’une de 1989 à 1996 et l’autre de 1999 à 2003, elle a décidé d’utiliser son second mandat de présidente pour faire des droits et de la santé de la femme une priorité nationale.

Banda a succédé à l’ancien président Bingu wa Mutharika après son décès subit le 5 avril. Après qu’elle a été élue vice-présidente en 2009, elle a eu une brouille avec Mutharika, et a été par la suite exclue du parti au pouvoir, le 'Democratic People's Party' (Parti démocratique populaire) et interdite principalement de participer au gouvernement.

Toutefois, elle est restée vice-présidente, et en 2011, elle a créé le parti d’opposition, le 'People's Party' (Parti du peuple). Depuis la mort de Mutharika, un certain nombre de députés ont quitté l’ancien parti au pouvoir pour la rejoindre.

Sirleaf et Banda dirigent toutes deux des pays ayant d’importants problèmes de développement. Les guerres civiles au Libéria ont été si dévastatrices que depuis la fin du conflit il y a près d’une décennie, le pays est toujours dans un état de réconciliation et de reconstruction.

Au Malawi, les dernières années de pouvoir de Mutharika ont été caractérisées par une économie en effondrement sous une mauvaise gestion gouvernementale, qui a été aggravée avec le retrait de l’aide des donateurs en raison des violations des droits humains.

Cependant, en dépit du fait que Sirleaf ait dû focaliser ses efforts sur la reconstruction et que Banda vienne de passer à peine un mois en tant que présidente, il y a une preuve concrète indiquant que les deux femmes ont placé la promotion de la femme au premier plan de leurs programmes.

Dans son bureau à Monrovia, la ministre libérienne de l’Egalité de Genre et du Développement, Julia Duncan-Cassell, a décrit les progrès réalisés dans l’autonomisation des femmes comme visibles à travers la représentation au sein du gouvernement, ainsi que dans la participation des femmes au processus démocratique au Libéria.

"En 1997, les femmes de marché ne savaient pas beaucoup de choses sur les élections", a-t-elle déclaré à IPS. "En 2005, elles ont essayé, mais elles ont toutes voté avec des empreintes du pouce. Mais en 2011, la plupart des femmes de marché ont pu marquer leurs noms".

Sur l’éducation, Duncan-Cassell a souligné des chiffres indiquant que le ratio de filles inscrites à l’école continuait de monter vers la parité avec les garçons. Le rapport 2010 du PNUD sur le Libéria et les OMD confirme cela, notant que le ratio des filles par rapport aux garçons au primaire est de 0,88 pour un, et au secondaire, 0,69 pour un. Le document indique que le Libéria est sur la bonne voie vers la réalisation de ses objectifs pour l’éducation des filles.

Concernant la santé des femmes, la "feuille de route" du Libéria, sur cinq ans, lancée en mars 2011, vise à "réduire de moitié le taux élevé de mortalité maternelle et néonatale du Libéria" et appelle à "l’augmentation du nombre d'accoucheuses qualifiées à tous les niveaux du système de soins de santé de 50 pour cent". Selon l’Enquête démographique et de santé 2007 du pays, le taux de mortalité maternelle au Libéria est de 994 décès pour 100.000 naissances vivantes – l’un des plus élevés au monde.

Banda aussi a déjà réalisé beaucoup de choses pour les femmes depuis qu’elle a accédé à la présidence.

Elle a renforcé la voix des femmes au sein du gouvernement par la nomination de huit femmes à de hautes fonctions au gouvernement. Elle a nommé des femmes aux postes de secrétaire en chef adjointe au gouvernement et de directrice inspectrice générale adjointe de la police. Et elle a promu l'autonomisation économique des femmes à travers l'introduction d'un programme agricole et une initiative de marché.

Et avec l'initiative présidentielle sur la santé maternelle et la maternité sans risque qui n’est pas encore lancée, elle admet qu'elle est en train de suivre les traces de Sirleaf. "Celle-ci (cette initiative), je l'ai apprise auprès de ma grande sœur", a déclaré Banda.

"Le taux de mortalité maternelle au Malawi atteint 675 décès pour 100.000 (naissances vivantes)", a souligné Banda. "En tant que femme présidente et mère, je pense qu'il est de mon devoir de stopper les décès inutiles des femmes".

*Avec un reportage complémentaire de Massa Kanneh à Monrovia. (FIN/2012)

 

 

 

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