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MALI
Des enfants soldats présents dans le conflit
William Lloyd-George

NIAMEY, 7 mai (IPS) - C’était difficile pour Hassan Touré de décider de rester dans sa petite ville à la périphérie de Kidal, dans le nord du Mali. Les troupes gouvernementales s’étaient retirées le 30 mars, et plusieurs groupes armés, y compris des milices et des bandits, opéraient dans la région.

"Je voulais quitter pour l'amour de mes enfants", déclare Touré, s’exprimant au téléphone à IPS, et retenant son vrai nom parce qu'il craint des représailles. "Mais ma boutique est la seule chose que je possède, et je ne pouvais pas laisser les bandits la piller et détruire".

Touré regrette cette décision maintenant.

Il dit qu'il a essayé d'empêcher ses enfants d'aller au dehors, "mais ils en ont l’âge". Depuis le 29 mars, affirme-t-il, son fils aîné, âgé de 15 ans, n’est jamais venu à la maison, et est toujours porté disparu.

"D'autres enfants dans le quartier disent qu'il était parti avec certains hommes armés", déclare Touré. "Je n’arrive pas à dormir. Je m’inquiète tellement de ce qui pouvait lui arriver avec ces hommes".

Bien que l'histoire de Touré, comme la plupart des informations provenant du nord du Mali, soit difficile à confirmer, ses craintes pourraient être très réelles.

Selon Corinne Dufka, une chercheuse principale en Afrique de l'ouest pour 'Human Rights Watch' (HRW), qui a conduit une mission d'enquête de 10 jours au Mali en avril, tous les témoins que son organisation a interrogés avaient déclaré avoir vu des enfants soldats dans les rangs des rebelles.

Des enfants combattants avaient été vus dans les rangs des rebelles touaregs, notamment le Mouvement national pour la libération de l’Azawaad (MNLA).

Selon un rapport de HRW intitulé "Mali - Des crimes de guerre commis par les rebelles dans le nord", publié le 30 avril "beaucoup (d’enfants) ont été décrits comme transportant des fusils d'assaut militaires et portant des tenues qui, selon certaines personnes, étaient trop grandes pour leurs corps".

"La présence d'enfants dans les rangs des groupes armés dans le nord du Mali est un développement très inquiétant", a indiqué Corinne Dufka.

"Les commandants de ces groupes devraient immédiatement cesser le recrutement de toute personne de moins de 18 ans, libérer tous les enfants de leurs troupes, et travailler avec des agences de protection de l'enfance pour les retourner dans les maisons auxquelles ils appartiennent".

Des témoins ont dit à HRW que les enfants combattants paraissaient avoir entre 15 et 17 ans; cependant, certains semblaient avoir 12 ans. Des enseignants dans la région ont également indiqué à HRW qu'ils ont reconnu certains de leurs élèves dans les rangs du MNLA.

Les rebelles touaregs, sous plusieurs noms différents, luttent contre l'Etat malien depuis son indépendance en 1960. En raison de l'instabilité politique à Bamako, et d’un afflux d'armes en provenance de Libye, les rebelles ont réussi à balayer le nord du Mali et ont annoncé un nouvel Etat, Azawad, le 6 avril.

Cela peut avoir été un peu prématuré. Des informations affirment qu’ils sont loin d'avoir le contrôle de la situation et rivalisent avec plusieurs groupes islamistes dans la région.

Un groupe, Ansar Dine, dirigé par l'ancien chef rebelle touareg, Iyad Ag Ghali, a exprimé le désir d’appliquer la charia dans la région. Ansar Dine ne veut pas de l'indépendance, mais plutôt l’établissement d’un Etat islamique.

Des témoins ont déclaré à HRW qu'ils ont vu moins d’enfants soldats dans leurs rangs, mais qu’ils étaient préoccupés par la nouvelle vague de recrutement par Ansar Dine dans les régions de Gao, Diré et Niafounké, dans le nord du Mali, à la mi-avril. Il est signalé que des enfants ont été déjà recrutés et formés par Ansar Dine dans des camps à l’extérieur de Gao.

En plus des préoccupations concernant l'avenir du nord du Mali, il y a de plus en plus d’informations indiquant que davantage de groupes islamistes étrangers opèrent dans la région. Bien qu’ils soient longtemps présents dans la région, ce n'est que récemment qu'ils ont pu profiter du vide de pouvoir et se déplacer librement.

Selon des informations, le groupe islamiste nigérian, 'Boko Haram', ainsi que le groupe régional Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et sa ramification, le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'ouest (MUJAO), sont tous actuellement présents dans le nord du Mali. Il est également signalé qu’ils utilisent des enfants soldats.

Le 6 avril, des hommes armés ont pris d'assaut le consulat d'Algérie à Gao, enlevant le consul et six membres du personnel. Selon une source du MNLA, c’est 'Boko Haram' et les membres du MUJAO qui les avaient enlevés.

Lorsque des membres du MNLA ont tenté de sauver les diplomates, la force conjointe Boko Haram-MUJAO a envoyé cinq jeunes garçons âgés de 10 à 12 ans, avec des explosifs attachés à la poitrine, pour les dissuader.

La source affirme qu’il a été signifié au MNLA que s'il ne quittait pas, les jeunes garçons feraient sauter tout le monde. En réponse, le MNLA s’est retiré.

En plus de l'inclusion des enfants dans les rangs des rebelles, HRW a signalé de nombreux incidents de jeunes filles enlevées et abusées sexuellement. Des témoins disent que des membres du MNLA amènent des filles de 12 ans dans des bâtiments abandonnés et les violent à plusieurs reprises pendant des jours.

"Nous sommes très préoccupés par ce qui semble être une augmentation drastique du ciblage et de sévices infligés aux femmes et aux filles par des groupes armés dans le nord", souligne Dufka. (FIN/2012)

 

 

 

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