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MALAWI
La présidente Banda donne un nouveau souffle au pays
Claire Ngozo

LILONGWE, 16 avr (IPS) - Elle est au pouvoir il y a un peu plus d'une semaine, mais la première femme présidente du Malawi, et de la région, Joyce Banda, a donné à beaucoup de personnes dans ce pays pauvre d'Afrique australe l’espoir que ses malheurs sociaux et économiques finiront bientôt.

Cette ancienne vice-présidente, qui a pris le pouvoir le 7 avril à la suite du décès du président Bingu wa Mutharika deux jours plus tôt, a déjà viré des personnes clé qui occupaient des postes influents dans le gouvernement précédent. L’inspecteur général de la police, Peter Mukhitho, et le secrétaire du trésor, Joseph Mwanamvekha, sous le règne desquels le pays avait connu de graves pénuries de carburant et de devises, sont quelques-uns de ceux qui ont été limogés.

La ministre de l'Information, Patricia Kaliati, a été également limogée. Kaliati était le chef des tentatives visant à empêcher Banda d’assurer la présidence après la mort de Mutharika, en faveur de son frère, Peter. Elle est une critique féroce de Banda qui, elle l’a souvent dit, est incapable de diriger le pays.

Mais Louda Kamwendo, une petite commerçante à Lilongwe, la capitale du pays, est optimiste quant aux changements. Kamwendo a affirmé à IPS qu’il y a une semaine seulement, elle était sur le point de fermer son entreprise d'importation de meubles et de matériaux de construction de Chine.

Depuis septembre 2010, le Malawi a une disponibilité erratique de carburant et de devises, et l'impact sur l’entreprise de Kamwendo avait atteint un point critique. Mais la nouvelle par rapport à la nomination de Banda en tant que présidente l’a convaincue d'attendre dans l'espoir que la situation économique s'améliore.

"J'attends depuis deux mois maintenant des devises auprès de la banque, et cela m'a fait rater mon voyage prévu en Chine. J’envisageais de fermer mon entreprise, mais j'ai décidé d'attendre et de voir ce que fera la présidente pour sauver la situation", a indiqué Kamwendo à IPS. Elle a dit que c’était le moment le plus long qu'elle avait dû attendre avant d’accéder aux devises.

Le Malawi est l'un des pays les plus pauvres au monde: 74 pour cent de la population ici vit avec moins de 1,25 dollar par jour, et près d'un enfant sur 10 meurt avant l’âge de cinq ans. La hausse du coût des denrées de base a accentué ces malheurs et le pays connaît également des pénuries des choses essentielles telles que le sucre et le pain.

Sous Mutharika, les relations avec les donateurs du pays ont beaucoup souffert suite à des accusations selon lesquelles le Malawi n'a pas respecté les droits humains des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres et le droit à la liberté de la presse. Les donateurs avaient refusé de décaisser jusqu'à 400 millions de dollars et les Etats-Unis ont suspendu une subvention de 350 millions de dollars.

Des manifestations sans précédent dans tout le pays ont éclaté les 20 et 21 juillet 2011 contre Mutharika, qu’elles accusaient de la défaillance de l'économie. Banda avait été une ardente partisane de ces protestations.

Le 10 avril, Banda a annoncé que les donateurs avaient exprimé leur enthousiasme à aider le Malawi dans ses efforts de relance économique.

La nouvelle présidente a déclaré qu'elle avait déjà engagé des négociations avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis par rapport à la reprise de l'aide.

"Je suis personnellement engagée à veiller à ce que le gouvernement du Malawi aborde les questions qui ont négativement affecté nos relations avec les donateurs", a indiqué Banda. "Mon gouvernement est engagé à rétablir l’Etat de droit, le respect des droits humains et des libertés, et à faire preuve d’une bonne gouvernance économique, en commençant par s’assurer que le Malawi dispose d'un programme avec le Fonds monétaire international".

Les changements politiques de Banda donnent au Malawi un nouveau souffle, selon Dalitso Kubalasa, le directeur exécutif du 'Malawi Economic Justice Network' (Réseau pour une justice économique au Malawi), une coalition de plus de 100 organisations de la société civile, qui fait la promotion de la gouvernance économique.

Kubalasa a déclaré à IPS que le pays a toutes les raisons de faire mieux, économiquement et socialement, si la volonté politique affichée par Banda est maintenue.

"Il y a eu une acceptation générale des nouveaux dirigeants par presque tous les acteurs, y compris le secteur privé, les citoyens et les donateurs internationaux. Ceci est vraiment un bon signe", a indiqué Kubalasa.

Il a souligné que les attentes sont grandes et que Banda devrait accélérer ses efforts.

"Les actions parlent plus fort. Elle devrait maintenant passer à l'action. Nous sommes tous en train de tourner une nouvelle page et commencer un nouveau chapitre", a déclaré Kubalasa.

Mustapha Hussein, un célèbre analyste politique, a expliqué à IPS que les Malawiens ont pleinement espoir qu'ils n'auront plus à faire face aux violations des droits humains comme c’était le cas sous Mutharika.

"La police, dans le gouvernement précédent, était utilisée comme un organe du parti politique de Mutharika", a affirmé l'analyste. "La police était utilisée comme un instrument pour insuffler la peur aux citoyens, et la décision de Banda de limoger l'inspecteur général de la police a donné l'espoir à beaucoup que ce pays a en effet changé pour le mieux". (FIN/2012)

 

 

 

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