Inter Press Service News Agency
23:07 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

AFRIQUE DU SUD
Allaitement maternel, non artificiel, pour les mères séropositives
Lee Middleton

LE CAP, Afrique du Sud , 11 avr (IPS) - Les neuf provinces d’Afrique du Sud devaient commencer à éliminer progressivement la fourniture de lait maternisé gratuit aux mères séropositives et à mettre en œuvre une nouvelle politique sur l'allaitement maternel à partir de ce mois.

Mais malgré la clarté de la politique et des données qui l'appuient, des critiques qui se font entendre, y compris des personnes respectées de grandes institutions médicales et universitaires, ont dénoncé ce choix.

Depuis l’annonce du 23 août 2011 que l'allaitement maternel exclusif (AME) devait être promu en Afrique du Sud à partir du 1er avril, le débat sur la justesse de la Déclaration de Tshwane, plutôt que la discussion sur sa mise en œuvre, a dominé les conversations.

Un simple document de deux pages, cette déclaration indique un appui sans équivoque à l’AME pour tous les nourrissons jusqu'à six mois, y compris les enfants exposés au VIH, qui devraient recevoir des anti-rétroviraux (ARV) pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant (PTME), tel que recommandé dans les directives 2010 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette déclaration provient d’une inquiétude par rapport aux faibles taux d'allaitement maternel exclusif - le plus bas dans le monde à huit pour cent; des ratios de mortalité infantile inadmissibles trop élevés - le taux pour 2010 est resté presque au niveau du chiffre de 1990, avec 58.000 enfants qui meurent avant l'âge de cinq ans; et le fait que l'allaitement artificiel augmente le risque de décès par la diarrhée et la pneumonie, les maladies les plus meurtrières des nourrissons et des enfants en Afrique du Sud.

Elle engage également des ressources pour la promotion de l'AME, y compris l'élaboration de lois pour la protection de la maternité et l’appui à l'allaitement maternel en milieu de travail. Enfin, et peut-être le plus controversé, elle supprime la fourniture de lait maternisé dans les installations sanitaires publiques, sauf sur ordonnance pour des conditions médicales.

Un débat passionnant

"Nous pouvons augmenter notre taux d'AME, mais pas jusqu’au niveau que le ministère de la Santé estime possible", a déclaré Haroon Saloojee, un professeur à la division de la pédiatrie communautaire à l'Université de Witwatersrand, et une principale critique. Les préoccupations de Saloojee se focalisent sur la capacité des mères à adhérer aux régimes ARV infantiles et sur les possibilités de pénuries de la névirapine (la prophylaxie que les bébés exposés au VIH prendraient) dans le secteur de la santé publique.

"Le scénario le plus probable est que les centres de santé n'ont pas la névirapine, et les mères ne pourront pas donner aux bébés leurs médicaments et continueront à allaiter. La situation dans le service de santé fait de cela actuellement une probabilité à haut risque", a expliqué Saloojee.

Les partisans de la politique affirment que les taux d'adhérence aux ARV en Afrique du Sud sont généralement excellents, et sur la base d’une étude nationale récente, publiée dans le Bulletin de mars 2012 de l'OMS intitulé "Eliminer le VIH pédiatrique dans le KwaZulu-Natal, Afrique du Sud: évaluation à grande échelle des interventions pour la prévention de la transmission de la mère à l'enfant", les mères adhèrent bien. Le taux national de transmission de la mère à l'enfant chez les nourrissons de quatre à huit semaines était de 3,5 pour cent, a constaté l'étude.

"Il n'existe aucun moyen par lequel vous pouvez obtenir ces taux de transmission, sauf si vous avez une prestation de services de qualité et fiable ainsi qu’une bonne et crédible adhérence à ces médicaments", a déclaré Nigel Rollins de l'OMS, se référant à cette étude.

"Une action pour faire tomber l'argument selon lequel les femmes ne pourront pas le faire, fait son chemin face à ces données. Je pense que la plupart des femmes seront prêtes à faire quelque chose de bon pour leurs enfants si elles ont les connaissances. Il y aura certainement une courbe d'apprentissage, mais il existe toutes les raisons de croire que cela peut être réalisé", a ajouté Rollins.

Des courbes d’apprentissage

Malheureusement, l'apprentissage doit aller au-delà de l'adhésion aux ARV en tant que prophylaxie infantile. Convaincre les femmes à pratiquer l’allaitement exclusif sera probablement le plus grand défi.

"Ma mère dit qu’il n'y a pas assez de lait. J'ai entendu d'autres femmes affirmer qu'elles allaitent et nourrissent au biberon en même temps afin que le bébé puisse être rassasié", a déclaré Nicola Daniels, 21 ans, originaire de Manenberg, un township du Cap. Mère pour la première fois, Daniels envisageait d'allaiter, mais n’était pas sûre s’il faut le faire exclusivement ou pas.

Ingrid Le Roux, directrice médicale à 'Philani', un projet de santé maternelle et infantile, est d’accord que convaincre les femmes à s'engager à l'AME constitue un défi. "Il y a beaucoup de questions sous-jacentes: les mères sont seules, stressées, considérablement influencées par la publicité. Certaines n’arrivent pas à croire que tout ce qu'elles ont peut être mieux que ce qu'elles peuvent acheter à la boutique", a affirmé Le Roux.

"Les gens ne croient pas qu'il soit possible d'allaiter exclusivement pendant six mois. Même les agents de santé, beaucoup ne le pensent pas. Alors, si vous ne croyez pas en tant qu’agent de santé, comment pouvez-vous motiver (les gens) pour cela?", a ajouté Le Roux.

Malgré les difficultés très réelles, des preuves à partir des études à travers le continent montrent que l'AME est possible avec un appui approprié. Dans le KwaZulu-Natal, les taux de l’AME ont été améliorés à 76 pour cent à cinq mois, et 40 pour cent à six mois avec le soutien à domicile et des centres de santé, selon Anna Coutsoudis, une enseignante au Département de la pédiatrie et la santé de l'enfant à l'Université du KwaZulu-Natal.

Avant la Déclaration de Tshwane, le ministère de la santé du KwaZulu-Natal avait examiné la mortalité infantile, l'AME, les problèmes par rapport au stockage du lait maternisé et les directives 2010 de l'OMS, et a décidé de promouvoir l'AME, en supprimant en partie la gratuité du lait maternisé de la santé publique.

"Les données montrent que le lait maternisé n’aidait pas en termes de survie de l'enfant, il ne faisait que l'aggraver; et nous avions des taux d’AME très faibles. Nous avons donc décidé que nous devions suivre les directives de l'OMS, adopter une seule option d'alimentation", a déclaré Coutsoudis au sujet de la décision de la province. (FIN/2012)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>