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CAMEROUN
Les pygmées baka en quête d’identité et d’éducation
Ngala Killian Chimtom

LOMIE, Cameroun, 5 avr (IPS) - Kokpa Pascale Moangue, un pygmée baka dans le sud-est du Cameroun, a donné à ses enfants la seule chose qu'il a toujours désirée, mais que ses parents n’ont pas pu lui offrir - une éducation. Et il a pu le faire avec un simple bout de papier: un certificat d'enregistrement de naissance.

Les actes de naissance constituent une exigence de base pour s'inscrire à l’école primaire au Cameroun. Mais ici, chez les pygmées baka, un peuple de chasseurs-cueilleurs de 30.000 habitants vivant dans les forêts équatoriales de ce pays d'Afrique centrale, quelque 98 pour cent de parents n'enregistrent pas leurs enfants à la naissance, selon Plan International, une organisation non gouvernementale (ONG) caritative internationale.

Un sourire illumine le visage de Moangue pendant que ses quatre enfants bavardent en rentrant de l'école à Lomié, une ville dans le département du Haut-Nyong, dans la région de l'est, au Cameroun. "Je ne suis jamais allé à l'école, mais je nourris de grands rêves pour mes enfants", déclare-t-il à IPS.

Anzuom Clarisse, une voisine de Moangue, a une histoire similaire. Elle voulait aller à l'école quand elle était plus jeune, mais n’a pas pu le faire parce qu'elle n'a pas un acte de naissance.

Mais cette mère enceinte de 19 ans affirme que la vie de son fœtus sera différente. "L'enfant que je porte dans mon ventre ira à l'école", dit-elle. "Je veillerai à ce que mon bébé ait un acte de naissance".

Cependant, contrairement à Clarisse et Moangue, ce ne sont pas beaucoup de Baka qui sont prêts à enregistrer leurs enfants à la naissance.

En 2003, Plan International a lancé son projet 'Droits et dignité des Baka' dans la région. Le directeur national de l'organisation, Barro Famari, indique que le projet est destiné à sensibiliser les pygmées baka sur leurs droits et à travailler avec les autorités locales afin de s'assurer que ces droits sont respectés.

Bien qu'il n'existe aucune discrimination légale contre les Baka, il y a eu des informations au sujet d’un traitement inférieur, en particulier dans les pratiques d’accouchement, selon 'International Women's Rights Action Watch', une ONG de promotion des droits de la femme.

Au cœur de ce projet, figure la "Campagne universelle d'enregistrement des naissances" qui vise à établir des actes de naissance pour tous les enfants camerounais. En collaboration avec le ministère des Affaires sociales, les chefs des services de l'état civil, les maires, et autres ONG, Plan International a aidé 12.000 enfants camerounais à recevoir leurs actes de naissance en 2010 et 2011.

Son Rapport annuel 2011 indique: "Au cours de la campagne de cette année (2012), Plan International entend enregistrer et distribuer 20.000 actes de naissance à travers ses six unités de programme".

"Plan m’a aidé à obtenir des actes de naissance pour mes enfants", sourit Moangue. "Je sais que leur avenir sera plus radieux maintenant".

Pourtant, environ 98 pour cent des Baka ne sont pas enregistrés à la naissance, selon des statistiques du bureau local de Plan International. Les raisons de cette situation vont des distances par rapport aux registres de l'état civil, à l'ignorance de l’importance des actes de naissance.

"Je n'ai plus un acte de naissance parce que mon père l'a utilisé comme n’importe quel autre bout de papier, pour rouler une cigarette", affirme Sandra Neckmen, 14 ans. Toutefois, elle a eu la chance que cela se soit passé après son inscription à l'école. Neckmen est aujourd’hui une écolière au cours élémentaire première année à l'école publique de Mindourou, dans la région de l'est.

L'attitude de Denis Njanga est typique de certains Baka. Njanga, originaire de Yokadouma, dans la région de l'est, dit que "ce bout de papier ne peut pas mettre de la nourriture sur la table".

Cependant, la question d'enregistrement des naissances est un problème national. Moins de 34 pour cent des naissances sont enregistrées au Cameroun. Selon un rapport de 2007 sur le système d'état civil au Cameroun, publié par l'Institut de formation et de recherche démographiques (IFORD), le Cameroun est confronté à un problème réel de ne pas s’acquitter du droit de chaque enfant à un nom et une nationalité.

Cette étude indique que la situation est encore pire dans les régions du nord et de l’est du pays, où neuf naissances sur 10 ne sont pas enregistrées dans la période requise de 30 jours, prévue dans la loi au Cameroun.

Ce faible taux national d'enregistrement des naissances est attribué à un manque généralisé de sensibilisation et à la mauvaise gestion des centres d'état civil, où un simple processus d'enregistrement dure habituellement plus de 30 jours.

"C'est une situation très délicate", affirme Kaldaussa Faissam, le directeur adjoint des affaires administratives, le service directement chargé de la certification des naissances au ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.

"La plupart des naissances dans les zones rurales ont lieu à domicile. Les actes de naissance sont délivrés uniquement dans les hôpitaux et la procédure est longue", souligne-t-il. (FIN/2012)

 

 

 

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