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MALAWI
Le choléra à un moment des inondations
Claire Ngozo

NSJANE, Malawi, 11 fév (IPS) - Elles ont survécu aux inondations et ont été témoins des scènes horribles de destruction de leurs maisons, bétail, articles de ménage, et de leurs jardins à la fin de janvier, dans le sud du Malawi, en Afrique australe.

Aujourd’hui, les populations des districts de Nsanje et de Chikhwawa, sur la frontière sud du Malawi avec le Mozambique, sont confrontées à une autre menace: une épidémie de choléra qui a déjà tué un enfant et infecté jusqu'à 103 personnes.

Des officiels du gouvernement ont attribué cette épidémie à la baisse des conditions d’assainissement, aggravée par les inondations; jusqu'à 550 latrines à fosse ont été emportées à Nsanje seul; un district durement touché par les inondations.

Les eaux usées provenant des latrines ont contaminé les sources d'eau dans le district, y compris des puits artésiens et des puits ordinaires, augmentant ainsi les incidents de choléra, selon le directeur adjoint de la gestion des catastrophes pour Nsanje, Humphrey Magalasi.

"Presque tous les ménages, dans les parties rurales du district, utilisent seulement une latrine à fosse. Tout ce qui était dans les latrines dans les zones inondées est entré dans les sources d'eau", a déclaré Magalasi à IPS.

Les puits artésiens, les puits ordinaires, les rivières et les ruisseaux sont les principales sources d'eau dans les régions rurales du Malawi et les gens les utilisent pour tous les travaux ménagers. Il n’y a pas de robinets dans bon nombre de villages.

Lucy Mateyu, 46 ans, une célibataire mère de sept enfants, originaire du village de Mulolo, à Nsanje, a indiqué à IPS que les inondations ont touché son village pendant qu’elle préparait le déjeuner pour sa famille, le 23 janvier.

"Il pleuvait fort et sans interruption pendant trois jours et j'ai été alertée par mon fils aîné disant qu'il venait de voir nos toilettes s'écrouler. Avant que je n’aille même vérifier, la partie principale de notre maison a cédé. Je pense que nous avons été sauvés de justesse parce que nous tous étions assis dans la cuisine pendant que je préparais et les six autres enfants s’étaient rassemblés autour du feu pour se réchauffer", a expliqué Mateyu.

Elle a dit que la famille a couru sur une montée et ils observaient un cours d'eau enragé se former sur leur ferme, emportant tout sur son passage. La famille a fini dans un camp pour les victimes des inondations, installé par le gouvernement.

Jusqu'à 6.000 personnes ont connu une épreuve similaire comme la famille de Mateyu. Dans certains cas, l'armée du Malawi a dû intervenir et a évacué par pont aérien plusieurs villageois qui ont été piégés dans leurs maisons inondées. Ils ont été emmenés dans les camps.

Mais les camps sont maintenant surpeuplés et les survivants vivent dans des conditions insalubres. Présentement, les salles de classe et les bureaux publics sont utilisés comme chambres pour héberger les victimes des inondations.

"Nous sommes 21 à rester dans une petite chambre et nous devons partager une seule toilette, qui est rarement nettoyée", a déclaré James Masitala, 51 ans, qui est dans le même camp que Mateyu et ses enfants.

"Certaines personnes font recours à la défécation dans les buissons près du camp, et cela aggrave le problème d’insalubrité", a expliqué Masitala à IPS.

Des informations au ministère de la Santé indiquent que jusqu'à 103 personnes à Nsanje et dans le district de Chikhwawa voisin ont été infectées par le choléra depuis le début de la saison des pluies en novembre.

"Il y a tellement d'autres maladies diarrhéiques qui sont signalées dans les camps", a indiqué Magalasi.

Il a dit que le gouvernement distribue maintenant du chlore aux victimes des inondations, aux villages touchés par les inondations et aux villages voisins situés autour des camps.

"Nous voulons que les gens boivent de l'eau traitée puisque la plupart des sources d'eau sont contaminées. Nous menons également des campagnes de sensibilisation sur l'importance de l'hygiène et travaillons à améliorer la situation de l'assainissement dans les camps en construisant plus de toilettes temporaires", a déclaré Magalasi.

Il y avait quelques incidents d'inondation à Nsanje et Chikhwawa pendant la saison des pluies l'année dernière et tout le pays avait enregistré 76 cas de choléra seulement.

Le commissaire du district de Nsanje, Rodney Simwaka, a affirmé à IPS que le gouvernement était en train de renforcer les capacités des villageois dans la préparation aux inondations pendant les trois dernières années puisque la zone est inondable.

Nsanje et Chikhwawa se situent dans la partie la plus basse du Malawi et le fleuve Ruo, qui vient du point le plus élevé du Malawi, la montagne de Mulanje, emmène habituellement ses eaux enragées qui inondent les deux districts. Le Ruo se jette dans le plus grand fleuve du Malawi, le Shire, un affluent du fleuve Zambèze au Mozambique.

"Nous avons des gadgets de surveillance du niveau des eaux et avons impliqué des comités de village dans le travail avec ces outils, mais les inondations nous ont surpris cette année", a déclaré Simwaka à IPS.

Il a affirmé que le gouvernement conseille également aux personnes vivant dans les zones inondables d’aller sur des terres plus élevées juste avant le début des pluies, mais que beaucoup résistent à cette mesure.

"Les gens sont généralement réticents à quitter leurs maisons et leurs champs, et ils ne sont obligés de se déplacer que lorsque les inondations viennent. Cela rend la situation difficile à gérer", a expliqué Simwaka. (FIN/2012)

 

 

 

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