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CHANGEMENT CLIMATIQUE
Les gens ne mangent pas du charbon
Loga Virahsawmy*

DURBAN, Afrique du Sud, 28 déc (IPS) - Quand nous parlons de changement climatique, il faut l’envisager dans sa globalité. Ce qui se passe entre le Mozambique et l’Afrique du Sud est un crime pour les communautés de cette région et pour les populations en général.

C’est le constat établi par des experts lors d’une des sessions de la 17e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (CP17), qui s’est réunie à Durban, Afrique du Sud, entre fin-novembre et début-décembre.

«Les femmes sont les gardiennes de l’environnement. Les femmes ont une connaissance extraordinaire des herbes médicinales et d’autres plantes qui sont des ressources économiques pour elles. Elles confectionnent des paniers avec les produits de la nature, elles ont besoin de bois pour construire leurs maisons et font d’autres travaux artisanaux. Mais que se passera-t-il si nous autorisons la construction de ce port entre l’Afrique du Sud et le Mozambique dans la région de Techobanine, là où la biodiversité est unique au monde», s’interroge Shanju West.

Très déterminée à lutter contre ce développement de port en eaux profondes dont l’accord a été signé par les gouvernements du Mozambique, du Zimbabwe et du Botswana en avril 2011, West a lancé son organisation «Aquaterra Mouvement», connue aussi sous le nom de «Save the Elephant Coast». Apres 25 années comme conférencière à l’Université d’Oxford, West trouve qu’il y a d’autres projets plus importants à réaliser que celui-ci car la survie de notre planète en dépend.

L’impact des travaux pour construire ce port sera considérable. Les différentes unités de l’écosystème sont menacées. Les plus gros coraux de la planète vont être détruits, sans parler des plantes, des poissons, de l’aquaculture. Il y va aussi de la survie des habitants. Les poissons ont besoin de la nourriture provenant de ces coraux pour s’alimenter.

Les gens ont besoin de cet endroit pour leur survie, sans parler des animaux comme les éléphants, les lions, les rhinocéros et autres qui font la fierté du Mozambique et de l’Afrique du Sud et qui attirent les touristes. Pourquoi détruire cet endroit vierge? West se pose ces questions et l’audience l’entend comme un cri du cœur. Tout cela, simplement pour que le gros capital puisse avoir accès au Malawi et au Botswana pour transporter le charbon.

West est entourée d’activistes du monde entier qui soutiennent cette initiative de faire avorter ce projet. Parmi eux, se trouve Jeremy Ridl, un légiste environnemental très connu, qui a siégé à la «Economic Commission for Africa» par rapport au site de St. Lucia en Afrique du Sud et dont les membres ont réussi à faire échouer un projet de développement afin de protéger la biodiversité de ce site considéré depuis comme patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dans son exposé, Ridl explique que la sécurité alimentaire et la biodiversité ne peuvent être dissociées car la biodiversité nous aide à vivre. Cela veut aussi dire que les héritages mondiaux doivent être préservés. Le monde entier doit être concerné par nos legs.

Construire ce port sera une fatalité pour le Mozambique dont l’environnement est unique avec des plateaux d’herbes où l’eau est présente en permanence. «On a fait beaucoup de bruits au CP 17, mais qu’adviendra-t-il de la survie des populations?»

Les produits de première nécessité, comme les céréales, seront en danger. Les décideurs ne pensent qu’à eux et c’est la raison pour laquelle George Bush, l’ancien président des Etats-Unis, n’a jamais voulu signer le Protocole de Kyoto. Chaque année, les grosses pointures contournent ce Protocole. Ils refusent de s’engager en signant des conventions et autres documents qui seraient pour eux légalement contraignants.

«Certains endroits doivent être protégés pour le bien-être de la planète». Mais la préoccupation des décideurs, c’est de transporter du charbon et de pouvoir déverrouiller les réserves en houille. L’Afrique du Sud a une loi sur l’héritage mondial. Et dans ce pays, de même qu’au Mozambique, il y a des lois strictes sur l’environnement. Il ne faut donc pas prendre des décisions hâtives sans effectuer de recherches préalables, sous peine de démolir la nature.

Ridl et West se sont exprimés sans détours. Forts de leurs expériences avec le dossier de la région de St. Lucia, ils se tourneront vers l’UNESCO pour soutenir que le Mozambique va à l’encontre de ses lois en acceptant de construire ce port. Ils devront aussi soulever une protestation en justice.

«Nous savons qu’il y avait eu un soulèvement de la population dans le cas de St. Lucia, nous ferons de même pour cet héritage mondial où la biodiversité est unique. Il y a bien d’autres endroits où ce port peut être construit. Pourquoi choisir un endroit qui mettra la planète en danger?», se demande Ridl, non sans une certaine amertume. De par ses compétences, Ridl compte bien saisir les lois en vigueur en Afrique du Sud pour dire qu’il y a rupture de contrat et que les engagements pris ne sont pas respectés.

«C’est un monde où l’argent et le gros capital font la pluie et le beau temps sur le dos de la planète. Or, les gens ne mangent pas du charbon!»

*(Loga Virahsawmy est directrice du bureau francophone de Gender Links à Maurice et présidente de la 'Media Watch Organisation'. Elle a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2011)

 

 

 

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