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SOUDAN
La Chine pourrait huiler le processus de paix
Reem Abbas*

KHARTOUM, 4 oct (IPS) - La Chine, un acteur majeur dans les industries pétrolières du Soudan du Sud et du Soudan, pourrait utiliser son influence pour arrêter l'escalade des violences entre ces deux pays qui ont vu le déplacement de milliers de personnes et une baisse de la production pétrolière, déclare un responsable du département d'Etat américain.

La Chine importe plus de 60 pour cent du pétrole soudanais et détient une part de 40 pour cent dans 'Petrodar' et 'Greater Nile Petroleum Operating Co.', les plus grands géants pétroliers au Soudan, selon la 'Chinese Academy of Social Science' (Académie chinoise des sciences sociales).

Mais le conflit en cours au Soudan et au Soudan du Sud a influencé la production pétrolière avec le ministère sud-soudanais du Pétrole et de l’Exploitation minière affirmant que la production au Soudan du Sud est réduite de 85.000 barils par jour (bpj) à 60.000 bpj dans les Etats frontaliers. Le ministère a également noté que la production pétrolière du Soudan dans les Etats frontaliers est tombée de 60.000 bpj à 48.000.

Le Sud-Kordofan, un Etat au Soudan qui est frontalier avec le Soudan du Sud, connaît des combats continus depuis juin et l’Etat du Nil Bleu, un Etat au Soudan, proche de la frontière éthiopienne, a été impliqué dans un conflit au début de septembre. Ces deux conflits sont entre le Mouvement de libération du peuple soudanais-Nord (SPLM-N), un groupe affilié au Mouvement de libération du peuple soudanais, le parti au pouvoir au Soudan du Sud, et l'armée soudanaise.

Le Sud-Kordofan, a expliqué le commentateur politique soudanais, Magdi El Gizouli, est devenu le plus grand producteur de pétrole au Soudan après l'indépendance du Soudan du Sud.

Dans les premiers stades du conflit, désormais total au Sud-Kordofan, la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland, a souligné: "Il est difficile d'avoir de l'argent et du pétrole quand il n'y a pas de paix", ajoutant que Beijing doit "saisir cette occasion pour (stopper) les violences au Soudan".

"Les Américains n'ont plus beaucoup de muscle (diplomatique) à déployer", a indiqué à IPS en juin, David Shinn, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Ethiopie.

"La seule chose qu'ils peuvent faire, à part pontifier davantage avec véhémence qu'ils ne l’ont fait dans le passé, c’est de menacer de ralentir tout les aspects de la normalisation des relations".

Cependant, cette méthode consistant à agiter devant le dictateur la carotte d’un allègement possible des dettes et d’éventuels pardons politiques n'a pas eu beaucoup d'influence sur le président soudanais, Omar al-Bashir, le seul chef d'Etat en exercice à avoir été inculpé par la Cour pénale internationale (CPI).

Quand bien même la grande partie du pétrole est concentrée dans le Soudan du Sud, nouvellement indépendant, les oléoducs, les services d’appui et la majeure partie de l'infrastructure qui soutient l'industrie du pétrole sont au Soudan.

Depuis l'année dernière, les deux nations sont en négociation sur les frais que le Soudan facture pour l'utilisation de ses infrastructures.

"L’essentiel des recettes du Soudan du Sud provient de ses recettes pétrolières; le sud protègera l'industrie du pétrole malgré le conflit en cours parce qu'il ne peut pas se permettre de perdre la production pétrolière, même si elle est temporaire", a déclaré Mohammed Adel (un nom d’emprunt), un employé au département des oléoducs de 'Petrodar'. Environ 98 pour cent des recettes du Soudan du Sud proviennent du pétrole.

Lorsque 'Petrodar' a commencé la production pétrolière après l’achèvement en 2006 de son oléoduc long de 1.506 kilomètres, la production pétrolière a augmenté, passant de 300.000 bpj à 500.000. Seulement 100.000 à 110.000 bpj de la production journalière du Soudan étaient produits au Soudan du Nord, le reste provenait des champs pétrolifères dans ce qui est aujourd'hui le Soudan du Sud.

L'oléoduc de 'Petrodar' va du bassin de Melut, dans l'Etat d'Unity, au Soudan du Sud, au Port Soudan, au Soudan du Nord. L’Etat d'Unity est situé entre deux zones de conflit, le Sud-Kordofan et l’Etat du Nil Bleu.

"Récemment lorsque le gouvernement soudanais a demandé 32 dollars par baril comme prix d'exportation, le gouvernement sud-soudanais a rejeté ce montant élevé", a indiqué Adel.

Le mois dernier, le gouvernement soudanais a retenu 600.000 barils de pétrole pendant 24 heures, exigeant des droits de douane. Toutefois, les barils ont été finalement libérés et on ne sait pas si le Soudan du Sud a payé les droits ou non.

Dans un entretien accordé à 'Asharq Al Awsat', un journal d'Arabie saoudite basé à Londres, al-Bashir a déclaré que le gouvernement du Soudan du Sud devait statuer sur les frais de transit avant fin octobre.

Toutefois, le gouvernement sud-soudanais veut que les négociations sur le pétrole se tiennent lors d'une réunion de l'Union africaine et présidée Thabo Mbeki, l'ancien président d'Afrique du Sud.

"Beaucoup de gens croient que la baisse des recettes pétrolières dissuadera le Nord de continuer avec la guerre. Mais je pense que la vraie question est de savoir si Khartoum peut maintenir sa mainmise politique sur une population frustrée par l'inflation sévère et la flambée des prix des denrées alimentaires sans une guerre", a affirmé à IPS, Eric Reeves, un analyste soudanais et chercheur au 'Smith College', aux Etats-Unis.

Face à cette réalité, le seul acteur ayant une vraie influence diplomatique sur le Soudan est la Chine, dont la faim insatiable pour des profits pétroliers - qui dépendent désormais du maintien des relations chaleureuses avec des ennemis d’al-Bashir au Soudan du Sud, riche en pétrole - peut avec espoir dissimuler son attitude avunculaire envers le Nord (le Soudan) qui a persisté depuis des décennies dans des atrocités commises par le parti au pouvoir à Khartoum, le 'National Congress Party' (Parti du congrès national).

Etant donné que la Chine est le deuxième plus gros importateur de pétrole après les Etats-Unis, dépendant du Soudan et de la Libye pour une grande partie de son approvisionnement, il est peu probable que cette superpuissance montante sacrifie son essor économique lubrifié par le pétrole pour l’amour d’honorer de vieilles relations avec al-Bashir – en particulier lorsque ce dernier risque une guerre totale sur les précieux champs pétrolifères au Sud (Soudan du Sud).

En 2008, la fuite sur le site Internet 'Wikileaks' d’un câble du département d’Etat, venant du procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, indiquait que "la Chine ne se soucie pas ce qui arrive à Bashir et ne s'opposerait pas à son arrestation si les recettes (pétrolières) n'étaient pas interrompues".

Hafiz Mohammed, un analyste politique soudanais, était d'accord avec cela affirmant que les compagnies pétrolières chinoises étaient seulement intéressées par le pétrole.

"Une grande partie du pétrole soudanais est explorée par des compagnies pétrolières chinoises qui ne se préoccupent pas des droits humains; elles se soucient de l'investissement et du commerce", a déclaré Mohammed.

*Kanya D'Almeida à Washington a contribué au reportage. (FIN/2011)

 

 

 

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