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RD CONGO
Le barrage d'Inga manque d’eau et provoque un déficit d’énergie électrique
Anselme Nkinsi

KINSHASA, 31 août (IPS) - Le barrage d'Inga est incapable de fournir l’énergie électrique à Kinshasa, et ailleurs en République démocratique du Congo, et les délestages sont si fréquents et décriés par les habitants que le chef de l’Etat a dissout le Comité de gestion de la Société nationale d’électricité (SNEL).

Les deux centrales électriques - Inga 1 et Inga 2 - à 300 kilomètres en aval de Kinshasa, la capitale, ne parviennent même pas à produire les quelque 800 mégawatts (MW) en temps normal, sur un potentiel théorique de 3.600 MW jamais exploité. Le barrage produit au total aujourd’hui à peine 300 MW, ce qui est largement insuffisant face à la demande d’électricité.

Ce qui explique les coupures intempestives dénoncées par la population et les industriels, d’où la suspension du Comité de gestion de la SNEL par le président Joseph Kabila, annoncée à la radio nationale le 20 août.

«Nous sommes sinistrés», s’exclame Mbuyi Tshimpanga, directeur de la centrale hydroélectrique d’Inga qui explique: «La courbe du niveau d’eau a pris une pente inhabituelle alors que le débit du fleuve Congo varie dans l’année entre 54.000 et 42.000 mètres cubes par seconde». Une baisse due, selon lui, à une faible pluviométrie dans le bassin du fleuve long de 4.640 km, le deuxième du monde par l’étendue de son bassin et par son débit.

«Les responsables de la SNEL tentent, jour et nuit, de tout faire pour éviter un black-out intégral», déclare Jean-Thomas Lokala, administrateur directeur technique sortant, ajoutant que «L’heure est grave sans être chaotique...»

Tshimpanga affirme que «l’étiage (du fleuve) a conduit à la réduction du productible d’Inga à ce jour à 300 MW, avec des conséquences très fâcheuses sur la desserte en énergie électrique de la ville de Kinshasa, les provinces du Bas-Congo (ouest de la RDC) et du Katanga (sud-est)».

La situation impose donc, souligne-t-il, «la nécessité de faire recours à l’importation de 50 à 120 MW du réseau zambien pour réduire le déficit énergétique enregistré dans la province du Katanga» frontalière avec ce pays.

«Nous n’avons jamais vécu un tel drame», déclare Albert Landu, coordonnateur de l’organisation non gouvernementale (ONG) locale 'Cause verte', qui dénonce une destruction des écosystèmes naturels avec la réduction de l’eau. «Nous craignons une perte des ressources halieutiques dans notre province», ajoute Landu dont l’ONG est basée à Matadi, dans le Bas-Congo.

L’autre problème de la centrale hydroélectrique d’Inga, c’est la sédimentation du canal d’amenée. «Ce canal reçoit 257,4 tonnes de sédiments (sable, boue, graviers) par heure, soit 6.177,6 tonnes par jour. Seuls 50 pour cent (des sédiments) sont sucés par les machines ou évacués par les digues déversantes tandis que le reste est déposé dans le canal», explique Henri Kimbanzi, directeur de la centrale d’Inga I.

«Si les précipitations ne reviennent pas rapidement, Kinshasa sera dans le noir d’ici septembre», avertit Rigobert Muhono, un agent retraité de la SNEL.

Daniel Yengo Massampu, administrateur directeur général sortant de la SNEL, est plutôt rassurant: «Il y aura toujours un minimum d’énergie électrique produit. Ce n’est pas un optimisme incertain car un black-out intégral sur la ville de Kinshasa serait pratiquement l’explosion d’une bombe atomique dans le secteur».

«Les conséquences d’une coupure généralisée du courant électrique sur Kinshasa, en attendant le retour des pluies, méritent d’être bien gérées», suggère Eugène Bitongwa, propriétaire d’un débit de boissons dans la commune de Bandalungwa. Sinon, prévient-il, l’économie du pays en subirait un sérieux coup et l’entrée en ébullition du front social risquerait de provoquer des remous difficiles à maîtriser.

Mais, l’argumentaire de la SNEL sur l’étiage est jugé peu convaincant par certains qui estiment que le problème qui se pose à Inga n’est pas dû à la réduction de l’eau du fleuve. Selon eux, le canal d’amenée n’a jamais connu de dragage depuis presque trois ans.

«Le manque de dragage a bloqué la mise en service d’une drague acquise en 2007 suite à un certain malentendu entre la SNEL et la société 'Marine Trading Engeneering', fournisseur de la drague», affirme Bienvenu-Marie Bakumanya, un journaliste du quotidien 'Le Potentiel' basé à Kinshasa.

L’administrateur directeur technique sortant de la SNEL rejette cette critique de la presse qu’il juge non fondée.

Toutefois, au cours d’une visite de journalistes sur le site du barrage en août, IPS a constaté que la SNEL a opté pour l’évacuation des sédiments par un dragage mécanique à l’aide des dragues à cutter. Ce qui permet de lutter contre les effets néfastes de la sédimentation dans le canal d’amenée.

Réagissant à la suspension du Comité de gestion de la SNEL, Triphon Kin Kiey, un député national de la majorité présidentielle, affirme que la SNEL a œuvré sans projection et sans anticipation. «Il existe dans ce pays des gens qui dépensent de l’argent pour du plaisir sans jamais payer une seule facture d’eau ni de courant. C’est cela la mal gouvernance», a-t-il déclaré au cours d’un débat à la télévision CCTV, le 22 août.

Steve Mbikayi, président national du Parti travailliste (opposition), déclare: «Le gouvernement est responsable de tout ce que l’on déplore à la SNEL. L’échec de la SNEL est celui du gouvernement qui a fait de l’eau et du courant l’un des cinq chantiers de la République».

«La décision prise par le chef de l’Etat est bien pesée», estime, pour sa part, Atundu Liongo, président de la Convention des démocrates pour la République, un parti proche du pouvoir. «Yengo (l’administrateur directeur général sortant de la SNEL) a manqué d’imagination et de détermination», ajoute Liongo. (FIN/2011)

 

 

 

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