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SOUDAN DU SUD
Les conflits interethniques plus fréquents et meurtriers
Charlton Doki

JUBA, 25 août (IPS) - Des milliers de femmes et d'enfants sont en train d’être enlevés et plus de 1.000 personnes sont mortes cette année puisque des communautés au Soudan du Sud, riche en pétrole, sont en guerre au sujet d’une denrée précieuse – le bétail.

Dans ce pays nouvellement indépendant, qui produit environ 385.000 barils de pétrole par jour, des affrontements interethniques sur le bétail ont longtemps prévalu. Ici, posséder plusieurs bovins est un signe de richesse. Toutefois, ces derniers temps, les vols de bétail sont devenus plus fréquents et meurtriers.

Il y a des appels croissants au gouvernement sud-soudanais pour s'attaquer aux causes profondes de ces conflits. Beaucoup craignent que tant que les questions qui sous-tendent ces violences ne sont pas résolues, l'insécurité continuera à entraver la stabilité et le développement dans ce nouveau pays.

Le conflit est en train d’être attribué à la disponibilité facile des armes et aux normes culturelles qui dépeignent le fait de posséder le bétail comme un signe de réussite.

A la fin de la guerre civile de 21 ans dans le pays en 2005, la valeur du bétail a rapidement augmenté puisque beaucoup d’hommes espèrent maintenant se marier. Il est courant que les gens paient le prix de la mariée ou la dot en bétail.

James Amuor, un jeune de l'Etat de Jonglei, a déclaré à IPS que la mariée pourrait coûter jusqu'à 100 bovins. "Certains jeunes s’impliquent dans le vol de bétail parce qu’ils veulent se marier et n'ont pas le (nombre de) bovins requis. Ils sont obligés d’aller voler de bétail pour réunir la dot afin d’épouser la fille de leur choix", a expliqué Amuor. Dans la communauté des Dinka, plus la mariée est géante, plus la dot est élevée. Il en est de même pour une femme instruite.

Dans l'attaque la plus récente, qui a eu lieu le 18 août dans le comté de Uror, dans l'Etat de Jonglei, 640 personnes ont été tuées, 761 blessées, 258 enfants enlevés, 38.000 bovins ont été volées et 8.924 maisons brûlées.

Tout le comté, qui équivaut à un district dans d'autres pays, a été attaqué. Le commissaire du comté de Uror, Tut Puok Nyang, a affirmé que les assaillants étaient estimés entre 2.000 et 2.500 jeunes soupçonnés d'être du comté de Pibor voisin. D'autres pensent que les agresseurs avoisinaient les 3.000 et 5.000 personnes et étaient "armés comme une armée régulière".

Un fonctionnaire des Nations Unies qui a parlé à IPS sous couvert de l’anonymat, a indiqué que les assaillants avaient plusieurs types d'armes, y compris des mitrailleuses, des AK-47 (un fusil d'assaut russe appelé aussi kalachnikov), des canons antiaériens et des grenades.

L'attaque s’est produite en représailles contre celle que la communauté des Lou Nuer, du comté de Uror, a lancée sur la communauté des Murle du comté de Pibor en juin. Plus de 400 personnes avaient été tuées, des femmes et des enfants avaient été capturés, et des centaines de bêtes avaient été volées dans cette attaque.

Lorsque les femmes et les enfants sont capturés lors de ces attaques, les femmes sont prises comme "épouses" et les enfants sont intégrés dans la nouvelle culture de leurs ravisseurs et deviennent leurs enfants.

Dans ces deux incidents, la Mission des Nations Unies au Soudan, dont le mandat est de protéger les civils, et l'armée du pays, l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), ne sont pas intervenues invoquant un manque de capacité. Il y a eu des appels croissants au gouvernement pour déployer des forces de sécurité afin d’empêcher une reprise de telles attaques.

Mais le ministre de l'Application de la Loi de l'Etat de Jonglei, Gabriel Duop Lam, a déclaré qu'il était difficile d'empêcher les attaques "parce que le nombre des civils qui possèdent des armes (dépasse) celui des agents chargés d'appliquer la loi".

Le ministre sud-soudanais de l'Intérieur, Gier Chuang Aluong, était d’accord avec Lam et a ajouté que l'insuffisance des infrastructures au Soudan du Sud a rendu difficiles les efforts de maintien d’ordre.

"La police et la SPLA n'ont pas la capacité de répondre rapidement à de tels incidents de violences intercommunautaires. A cause de l’absence de routes, l’armée pourrait mettre 72 heures pour arriver (sur) un endroit où règne l'insécurité. Au moment où elle y arrive c'est (trop) tard pour appréhender les agresseurs", a indiqué Aluong.

Aluong a récemment accusé les "ennemis" du Soudan du Sud d’armer des civils pour déstabiliser le pays. Pendant la guerre civile entre le nord et le sud, beaucoup de gens ont acquis des armes. Cependant, il y a eu des rapports selon lesquels les voleurs de bétail possèdent de nouvelles armes qui, selon le gouvernement, viennent du Soudan.

Le gouvernement affirme qu'il dispose des preuves que le gouvernement du Soudan a fourni des armes à des milices pour déstabiliser le Soudan du Sud, avant et après le référendum sur l'indépendance. C'était au moment où le Soudan du Sud, qui dispose de 85 pour cent des réserves de pétrole des deux pays combinés, a voté pour la séparation avec le Soudan.

"Nos gens ne fabriquent pas d'armes au Soudan du Sud. Cela signifie que quelqu'un leur donne délibérément des armes et les encourage de s'entretuer", a déclaré Aluong.

Mais beaucoup de personnes ici ont attribué l'escalade des violences à l'incapacité du gouvernement à désarmer les civils. Nyang a dit qu'il croyait que le désarmement total des civils était la seule solution pour mettre fin aux raids meurtriers et à l'insécurité dans l'Etat de Jonglei et dans le Soudan du Sud en général. (FIN/2011)

 

 

 

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