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SIERRA LEONE
La déforestation rend les pauvres vulnérables aux glissements de terrain
Abdul Samba Brima et Jessica McDiarmid

FREETOWN, 23 juin (IPS) - Samuel Weekes se souvient de l’époque où les collines qui s'étendent au-delà du centre de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, étaient vertes.

"A l’âge de 15 ans, il y a 20 ans, ces collines étaient couvertes d’arbres. Aujourd'hui, la plupart de ces arbres ont été coupés, essentiellement à des fins de logement", déclare Weekes, le directeur des études de la population à l’Université Fourah Bay, à Freetown.

Freetown est coincée entre l'océan Atlantique et des collines escarpées qui mènent à l’intérieur. Sur les collines autour de la ville, des maisons s'accrochent aux pentes raides, certaines maintenues ensemble par des "garnitures" – comme les désignent les habitants en se référant aux terrasses de fortune. Il n'y a pas de routes ici, seulement des chemins escarpés maintenus avec des pierres. Dans certains quartiers, les habitants sont obligés d’escalader littéralement pour aller au niveau supérieur de la terrasse.

Dans une communauté près de l'université, deux nourrissons ont été tués lorsqu’un rocher s'est détaché de la pente et s'est écrasé sur leur maison l'année dernière. Mais Ibrahim Conteh, un habitant, affirme, qu'ils ne connaissent aucun code du bâtiment qu’ils devraient suivre pour ériger leurs maisons en toute sécurité.

"De fortes pluies peuvent tomber et couler simplement à travers les maisons et entraîner des accidents", souligne-t-il, debout à trois mètres du toit d'une maison plus bas. "Nous faisons de notre mieux pour nous assurer que nous avons mis en place des choses pour essayer de garantir que rien de mauvais n’arrive".

"Les gens estiment qu'il est difficile de trouver un endroit pour vivre, alors ils viennent ici".

Quand ils veulent construire, explique Thaimu Turay, ils enlèvent les arbres, cassent la pierre et font des garnitures. "Personne ne nous dit comment et où il faut mettre nos structures", dit-il. Weekes affirme que le gouvernement doit soigneusement faire des plans et appliquer les réglementations existantes qui limitent le nombre de bâtiments qui peuvent exister sur les coteaux.

"Jusqu’à quel niveau cela se fait, je ne sais pas", déclare-t-il. "Le gouvernement doit être très proactif pour définir des limites qu’ils ne devraient pas dépasser et que ces limites doivent être minutieusement surveillées".

Pourtant, pendant que la population de la ville augmente pour atteindre plus d'un million d’habitants - des chiffres exacts ne sont pas connus - l'espace devient de plus en plus difficile à trouver.

Davantage de personnes abattent des arbres pour faire place à des maisons – certains de grands châteaux, d'autres pas plus que quelques feuilles de tôle recollées - faisant craindre des glissements de terrain et d’autres calamités, étant donné que le développement évolue sans contrôle jusqu'aux flancs des montagnes. Ces craintes sont fraîches dans les esprits des gens aujourd'hui puisque les déluges quotidiens de la saison des pluies commencent.

Weekes attribue cette crise naissante à la croissance démographique et à l’exode rural effrénés, puisque des milliers de personnes affluent vers la ville, dans l'espoir de meilleures opportunités. Cette situation est en partie due à ce que Weekes qualifie de "développement biaisé".

"Il y a une grande différence entre Freetown et d'autres zones urbaines et rurales", indique Weekes, assis dans son bureau dans cette université de style occidental, la plus ancienne d’Afrique de l'ouest. "Si vous pouvez améliorer le développement dans d'autres zones urbaines et dans les zones rurales, vous pourriez être en mesure d’atténuer quelque peu le stress sur Freetown".

Dr Kolleh Bangura, le directeur de l'Agence de protection de l'environnement de la Sierra Leone, déclare que l’accroissement de la population contraint les gens à construire sur les collines, avec peu d'attention aux règlements de la construction.

Il y a des zones où la construction est interdite, mais "il n'existe aucun respect pour ces zones de ceinture verte", affirme Bangura.

Il souligne qu'il est difficile de contrôler les constructions, malgré les dangers que cela pose, citant la "politisation" de la question et l'assassinat brutal, il y a plusieurs années, d'un responsable foncier qui est allé démolir des structures illégales sur une colline.

Le gouvernement met peu de pression sur les personnes qui morcellent les collines maintenant, déclare Bangura, qui avertit que les lois doivent être revues et les ressources accrues pour faire face à l’augmentation de la population.

Des experts préviennent que si cette croissance se poursuit au rythme actuel, de "graves problèmes" assailliront cette ville, non seulement la perte du couvert forestier, mais aussi des problèmes d'assainissement, d'approvisionnement en eau et en électricité ainsi que d’autres infrastructures, qui font déjà énormément défaut.

Freetown est loin d'être seule quand il s'agit de la lutte pour trouver un espace pour des populations sans cesse croissantes sur un terrain inhospitalier. Du Pakistan aux Etats-Unis en passant par les Philippines, des gens s'installent sur des terrains escarpés, avec des conséquences parfois dévastatrices. (FIN/2011)

 

 

 

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