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RD CONGO
Des associations de femmes refusent la pauvreté
Badylon K. Bakiman

KIKWIT, RD Congo, 13 nov (IPS) - Des associations de femmes de Kikwit, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), recourent de plus en plus à une technologie locale appropriée pour réduire la pauvreté et améliorer leur bien-être et celui de leurs familles.

«Grâce à la vente des produits que nous fabriquons dans notre structure, je parviens à payer la scolarité des enfants, à acheter des habits, à payer le loyer et à faire face à plusieurs besoins... Choses qui n’étaient pas possibles à l’époque où je n’étais pas encore dans le circuit de la technologie appropriée», déclare, heureuse, Justine Kakesa, présidente de la Dynamique de la jeunesse féminine congolaise (DJFC, section du Bandundu), une organisation non gouvernementale basée à Kikwit.

A quelques mètres derrière le bureau de la DJFC, émergent des brouhahas : c’est le marché de Kikwit 2 parsemé d’articles divers, parmi lesquels ceux exposés par des femmes. Elles fabriquent plusieurs produits : samossas, vernis, cirages, savons améliorés, pains améliorés, vin tangawishi...

Par exemple, le samossa, qui est une denrée comestible fabriquée à base de viande de bœuf, de la farine de blé, et des oignons, est l’un des produits qui fait entrer de l’argent dans la caisse de l’association, explique Kakesa à IPS. Elle ajoute : «Nous le fabriquons trois fois par semaine. Une fois équivaut à la quantité d’un seau... cette quantité vendue rapporte au moins 60 dollars, soit 180 dollars pour les trois quantités».

Kakesa indique que la DJFC compte aujourd’hui 238 membres rien que dans la ville de Kikwit, sans compter les femmes membres des autres districts et localités de la province du Bandundu. Depuis plus de trois ans, ces associations de femmes ne croisent pas les bras et se servent de techniques locales pour produire des aliments et obtenir un revenu pour prendre en charge leurs familles.

«Il s’agit, en fait, d’un ensemble de techniques, méthodes et procédés spécifiques qui consistent à transformer ou à fabriquer des produits à base de certaines matières locales par des combinaisons. Cette technologie a tendance à prendre de l’ampleur ces derniers temps», affirme Jean Bosco Kasinga, un technicien du développement à Kikwit.

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) de 2009, les habitants de la RDC vivent en majorité avec moins d’un dollar par jour. Les femmes du Bandundu estiment qu’en luttant contre la pauvreté avec leurs maigres moyens, elles essayent, à leur manière, de relever un défi auquel tout leur pays est confronté.

«En faisant cela, nous voulons aussi réaliser les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement), surtout celui qui parle de la lutte contre la pauvreté. Notre plate-forme compte 90 associations de femmes éparpillées à travers la province», affirme Marie-Josée Ikwomo, secrétaire de l’Union nationale des femmes (UNAF, branche de Bandundu).

Elle a déclaré à IPS que parmi les produits que l’UNAF transforme, figurent des bactrioles, des parfums, des liqueurs, des cakes (gâteaux), des margarines, des samossas... «Nous fabriquons le cake six fois par mois et 60 cakes par séance à base de sucre, farine de blé, des œufs, du lait, de levure. Nous le vendons à 50 francs congolais, soit 0,055 dollar», indique Ikwomo, ajoutant qu’il est «différent du cake importé qui coûte 1.500 FC, soit 1,5 dollar dans des magasins».

Chaque matin, de 5h00 à 9h00, un marché spécial est organisé devant la maison communale de Kazamba où hommes et femmes exposent ou achètent toute sorte de produits, y compris ceux fabriqués grâce à la technologie locale.

"Une fois en possession de mes revenus, je m'efforce souvent de déposer une partie dans une coopérative d'épargne et de crédit où j'ai ouvert un compte depuis l'année passée. En cas de besoin, je fais un retrait", témoigne Jeanne Mpilinkwomo, du Rassemblement des femmes de Bandundu, dans la commune de Lukolela.

De son côté, Blandine Mungwi, de la DJFC, a indiqué à IPS : "Je gère mes gains dans un groupe de ristourne ou de mutuelle. Actuellement, notre mutuelle compte 12 personnes".

«Notre association s’évertue à exposer et à vendre ses produits quatre fois par semaine... Aujourd’hui, je viens déjà de vendre deux sachets de 48 savons améliorés chacun. Un savon amélioré coûte 100 FC, soit 0,11 dollar. C’est moins cher par rapport au savon brillant importé qui coûte 250 FC, soit 0,27 dollar», explique Olga Mapasa, vice-présidente de l’Association des mamans de Kazamba. Cette association, dit-elle, compte environ 78 membres, ajoutant que ceux qui achètent leurs produits les revendent dans leurs zones plus loin.

«Il faut encourager les mamans pour leurs actions. J’achète souvent leurs produits et c’est à bon prix. C’est comme cela qu’un pays peut se développer», déclare à IPS, Sylvain Mwashi, un habitant de Kazamba, après avoir acheté du pain amélioré et de margarine au marché matinal de la commune.

«Avant de fabriquer nos produits, nous suivons une série de formations. Sans cela, les produits ne seront pas de bonne qualité», souligne Célestine Lembagusala, présidente du Réseau des femmes engagées de Kikwit, qui compte plus de 30 organisations féminines.

«Je ne peux que féliciter les femmes pour les efforts qu’elles conjuguent... Elles sont également actrices du développement», déclare Brigitte Mukwa, chef de service pour le genre, la famille et l’enfant de la ville de Kikwit. (FIN/2010)

 

 

 

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