Inter Press Service News Agency
14:13 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

BOTSWANA
Des mères séropositives doutent de l’allaitement exclusif
Alma Balopi

GABORONE, 9 sep (IPS) - Une femme séropositive ne doit jamais être encouragée à l’allaitement car malgré ce que des médecins ou des chercheurs disent, c’est trop dangereux pour le bébé", déclare Koziba Kelatlhe, une mère séropositive à qui des agents de santé ont conseillé de ne pas allaiter son enfant.

Cela fait plus d'un an que l'Etude Mma Bana (qui signifie "Mère bébé" en setswana), entre Harvard et le Botswana, a révélé que les mères séropositives qui prennent des combinaisons d'anti-rétroviraux (ARV) peuvent allaiter sans danger. Cette étude novatrice menée au Botswana, a été la première étude randomisée en Afrique pour comparer les régimes de thérapie anti-rétrovirale hautement active (HAART) utilisés pendant la grossesse ou l'allaitement. Elle a produit le plus faible taux de transmission de la mère à l’enfant comparativement à d'autres études faites en Afrique.

Dr Joseph Makhema, le directeur de projet du Partenariat Botswana-Harvard (BHP) qui a mené l'étude, a affirmé qu'elle a influencé les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l'utilisation de la HAART pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant. A la Conférence de 2010 sur le VIH à Vienne, en juillet, l'OMS a adopté de nouvelles recommandations indiquant que les mères peuvent allaiter sans danger à condition qu'elles-mêmes ou leurs enfants reçoivent des ARV pendant la période d'allaitement jusqu'à un an.

Mais Kelatlhe et d'autres mères séropositives et même des médecins au Botswana ne sont pas convaincus que cela sera vraiment efficace ou réalisable.

Assise sur un banc dans la salle d'attente au Centre du traitement des maladies infectieuses (IDCC), Kelatlhe souriait timidement. Elle était l'une des nombreuses femmes qui attendaient leur ordonnance des ARV. Elle jouait avec ses cartes médicales pendant qu’elle disait à IPS que son enfant, qui a maintenant deux ans, est séronégatif grâce aux médicaments de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) qu'elle a pris. "Peut-être que si je l’avais allaité, ce serait une autre histoire maintenant", a-t-elle déclaré, voulant dire que si elle avait été mise sous la PTME et avait allaité, elle aurait transmis le virus à son enfant.

Mais selon l'étude, des femmes enceintes séropositives ont reçu une HAART à 28 semaines de grossesse. L'objectif principal de l'étude, a expliqué Makhema, était de comparer la suppression de la charge virale à l'accouchement et tout au long de l'allaitement chez les femmes désignées pour recevoir différents régimes anti-rétroviraux, et de déterminer le taux de transmission de la mère à l’enfant après six mois d'allaitement chez toutes les femmes qui ont reçu la thérapie anti-rétrovirale.

On a conseillé aux femmes d'allaiter exclusivement et de sevrer leur bébé à six mois. L'étude a révélé que la transmission de la mère à l’enfant a été très faible, un pour cent.

"Le gouvernement du Botswana se prépare à lancer un programme visant à fournir de la HAART à toutes les femmes enceintes séropositives", a indiqué Makhema.

Mais le lancement du programme peut être confronté à la résistance des femmes enceintes et des médecins. Même les docteurs en médecine partagent les sentiments de Kelatlhe sur le fait de ne pas allaiter. Dr Unabatsho Maposa au IDCC de l’Hôpital de référence Princess Marina est l’un de ces médecins. Maposa a affirmé que bien que les nouvelles recommandations de l'OMS disent qu'il est sans danger pour les mères séropositives d'allaiter, à condition qu'elles soient sous ARV, cela n'est pas pratique.

"Les recommandations n'ont pas été inculquées dans les établissements médicaux publics et je doute que cela soit fait parce que ce n'est pas pratique", a déclaré Maposa. Selon lui, les mères peuvent allaiter en théorie, mais puisque l'allaitement doit être exclusif afin que la prévention de la transmission marche, ce n'est pas pratique, par conséquent ce ne serait pas possible.

"On ne devrait pas donner au bébé tout autre liquide à part le lait maternel. Par conséquent, il n'existe aucune femme qui puisse faire cela parce qu'elles sont tenues de donner quelque chose au bébé et c'est à ce moment que cela devient dangereux pour le bébé", a expliqué Maposa, ajoutant que du moment où l'on donne au bébé tout autre liquide, l'allaitement doit être arrêté.

Son point de vue est que l'étude a été réalisée comme un moyen de trouver une option dans les conditions de ressources limitées des pays pauvres et dans la façon dont l'allaitement maternel pourrait avantager les mères séropositives et leurs bébés. "Il y a beaucoup de décès de bébés nés de mères séropositives, mais récemment le taux a baissé du fait de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant et plusieurs bébés naissent sans le virus", a déclaré Maposa.

Mais Makhema a expliqué que le problème avec le présent protocole (le Botswana décourage actuellement les mères séropositives d'allaiter) est que les bébés sont exposés à des maladies du fait de l'allaitement au biberon.

"Actuellement, le protocole a été que les femmes sous le traitement ne pouvaient pas allaiter leur bébé tandis que ces derniers devaient suivre un mois de traitement tout en étant nourris au lait maternisé. Ceci expose les enfants à des maladies, le lait maternisé n'étant pas toujours bien préparé ou les bouteilles ayant été exposés à des infections", a déclaré Makhema. La méthode n'était pas viable parce que le lait maternisé était parfois épuisé, laissant les mères et les bébés dans une situation désespérée.

"Il était donc nécessaire de trouver une méthode qui serait abordable et durable pour endiguer la transmission du virus de la mère à l'enfant", a conclu Makhema.

Le ministère de la Santé a annoncé que la dissémination des résultats de l'étude Mma Bana était en cours. "Cela a été fait à travers les différents portails d’information dans le pays par le BHP. Le gouvernement du Botswana fournit gratuitement des anti-rétroviraux à tous les citoyens infectés par le VIH qui en ont droit, y compris les mères qui allaitent", a dit Koona Keapoletswe, directeur par intérim du département du VIH/SIDA au ministère.

Il a indiqué qu’une fois que les nouvelles lignes directrices ont été finalisées, elles seraient disséminées à tous les agents de santé dans le pays pour être mises en œuvre au bénéfice de tous les Botswanais. (FIN/2010)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>