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MADAGASCAR
Les femmes associent agriculture et protection de l’environnement
Volana Rasoanirainy*

ANDASIBE, Madagascar, 16 mai (IPS) - Le développement durable requiert également la participation des femmes malgaches qui, conscientes des enjeux de la préservation de la nature, se sont impliquées, aux côtés des hommes, dans l’exécution d’un projet de restauration des forêts.

'Tetik 'Asa Mampody Savoka' (TAMS) est un projet de restauration des forêts épargnées par la pratique des feux de brousse et la culture sur brûlis - initié en 2003 par 'Conservation International' dans la commune rurale d’Andasibe, située à 145 kilomètres de la capitale malgache, Antananarivo.

Le projet concerne particulièrement la restauration des forêts figurant dans le corridor Ankeniheny-Zahamena, incluant les forêts de Mantadia, de Vohimena, de Vohidrazana, de Maromizaha, du Parc National d’Andasibe Mantadia et de Mitsinjo. Les paysans concernés par le projet se mobilisent dans des 'Sustainable Livelihoods Activities' (SLA): ce sont des activités basées sur l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et l’écotourisme, qui leur permettent d’améliorer leurs revenus et leurs conditions de vie.

La participation des femmes à la préservation de la biodiversité leur sera bénéfique si on pense aux richesses qui seront léguées aux enfants grâce à la conservation de ce qu’elles ont accompli.

Travail de technicienne

Une technicienne au service des villageois doit avoir des compétences et une bonne connaissance du terrain. Les gens ne sont pas nombreux à choisir cette profession car le travail est difficile. Armée d’une bonne volonté, un technicien(ne) doit parcourir 11 villages et trois fokontany (un comité de quartier) dans la commune rurale d’Andasibe pour prendre en main l’éducation et la sensibilisation de quelque 200 hommes et femmes impliqués dans ce projet de restauration des forêts.

Par exemple, Honorine Rasoanandrasana est technicienne auprès de l’Association nationale d’action environnementale (ANAE), qui est simultanément une des gestionnaires du projet TAMS. Elle explique qu’en s’engageant dans une SLA, les paysans s’installent sur un terrain où ils peuvent travailler en permanence et en toute tranquillité. "Il s’agit de faire travailler les terres pour qu’elles deviennent arables".

Une fois que les paysans arrivent à les labourer et à récolter des fruits, ils peuvent soumettre une demande auprès des communes pour devenir propriétaires des terres. Ils ont bénéficié de sommes d’argent pour installer des pépinières, et certains d’entre eux ont obtenu des équipements, des semences et des engrais pour le bon démarrage de leurs activités.

Différents techniciens appuient les bénéficiaires dans les travaux agricoles. Dans un premier temps, ils s’initient au procédé du zéro labour, explique Rasoanandrasana. Les techniques agricoles s’appuient en général sur l’apprentissage des méthodes de base : le calcul de la courbe de niveau, la mise en terre et le suivi de chaque culture.

Les techniciens ont effectué un encadrement des paysans pour une durée de six mois et lors d’une inspection sur le terrain, le mois dernier, le chef de projet a démontré l’efficacité de l’initiation de quelques agricultrices.

A cinq kilomètres de la bifurcation menant vers Andasibe, toujours sur la Route nationale 2 vers Toamasina, se trouve le fokontany de Morafeno. La majorité des habitants de cette localité se concentre principalement sur l’exploitation des carrières. Norine Louisette, agricultrice et épouse du chef fokontany, a choisi de s’investir dans la culture vivrière en se conformant aux techniques de l’ANAE dans un endroit particulier, à 500 mètres d’altitude.

A première vue, il est difficile d’imaginer qu’une culture puisse survivre à si haute altitude où il fait froid. Pourtant, ce que Louisette a mis en terre à cet endroit est une exception. «Cela fait des années que nous avons pratiqué la culture sur brûlis. Une sensibilisation menée par les associations œuvrant pour la protection de l’environnement dans notre fokontany nous a ouvert les yeux», affirme-t-elle.

«Nous étions convaincus que notre survie dépendait des ressources naturelles qui nous entourent. Or depuis octobre dernier, j’ai commencé à mettre en terre des graines de mucuna, communément appelées pois mascate qui se transforment en plantes grimpantes et qui servent de couverture végétale».

Louisette ajoute : «J’ai également aménagé le terrain de façon à obtenir une courbe de niveau que j’utilise pour la fouille d’un canal antiérosif et dans lequel je plante du stylosanthes en guise de haie vive qui retient le sol. Il s’agit d’un excellent fourrage, riche en protéines, qui reste vert et pousse pendant la saison froide et sèche».

«Vers le mois d’août, cette couverture végétale se détériorera et elle deviendra un bon fertilisant qui peut produire jusqu’à deux tonnes de biomasse. Je n’aurais plus à travailler la terre et il ne me restera plus qu’à sarcler et à semer les graines de mon choix», raconte-t-elle. «Pendant l’hiver, mon mari et moi allons opter pour la culture de haricot et de maïs. L’année prochaine, nous pourrons varier les cultures en alternant les cacahuètes, le riz et le maïs; et la rotation de cultures améliorera également notre rendement».

Cette jeune femme a souligné que bien que le projet soit tout récent, elle garde confiance et espère que d’ici quelques temps, les récoltes lui rapporteront une coquette somme d’argent pour développer ses affaires sur le marché.

La culture 'pêle-mêle', un nouveau style

Dans le fokontany d’Anevoka et sur une parcelle de démonstration installée conjointement par le Groupe d'études et de recherches des primates de Madagascar (GERP), l’ANAE et 'Conservation International', un couple a eu l’idée de se concentrer sur une technique dite «Volin'Ikala Adala» qui signifie une sorte de culture 'pêle-mêle'. Dans ce champ, les arbres fruitiers poussent aux côtés des légumineuses et de certains légumes.

Soatalata, une femme rencontrée dans ce champ, explique la technique adoptée. «Cela fait deux ans que nous avons démarré le projet. Nous n’avions jamais eu l’habitude de labourer, mais avec un peu de volonté et d’énergie, nous avons aménagé les flancs pour organiser l’agencement des arbres des forêts et des différentes cultures», affirme-t-elle.

«Il s’agit de disposer ensemble le tarot, le manioc, le haricot, les tomates. Pendant toute l’année, la récolte est possible et est étalée sur trois, six, huit et neuf mois. Les végétales se complètent et les apports calorifiques de certaines nourrissent les autres et elles enrichissent la qualité du sol», ajoute-t-elle.

Dans un futur proche, cette parcelle de démonstration fera l’objet d’un projet d’écotourisme. Des infrastructures seront installées pour que les visiteurs puissent goûter aux fruits et légumes récoltés ou encore aux poissons qui nagent dans le lac sur le bas-côté. L’écotourisme sera un des moyens visant à réduire l’émission de gaz à effet de serre par les touristes qui viennent à Madagascar.

L’argent perçu comme droit d’entrée soutiendra d’une part les activités des communautés de base dans le cadre du projet de restauration des forêts, et offrira d’autre part d’intéressants revenus aux paysans pour qu’ils ne pratiquent plus l’exploitation massive et illégale des ressources naturelles.

*(Volana Rasoanirainy est journaliste à Madagascar et a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2010)

 

 

 

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