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SANTE-AFRIQUE
Le planning familial: étendre le rôle pour le secteur privé
Joyce Mulama

NAIROBI, 6 oct (IPS) - La baisse de l'appui des bailleurs face à la hausse de la demande de contraceptifs, combinée à une diminution des budgets de l’Etat, pourrait aggraver les pénuries déjà très répandues dans la fourniture de contraceptifs. Des experts africains de la santé de la reproduction sont en train de suggérer que le secteur privé puisse être la clé pour combler le vide.

Une recherche menée par la Communauté pour la santé de l’Afrique de l’est, de l’Afrique centrale et australe (ECSA) confirme que les gouvernements sont fortement dépendants des fonds des bailleurs pour fournir des contraceptifs.

"Les programmes des donateurs sur les contraceptifs peuvent ne pas être durables puisqu’ils détournent l’attention vers d'autres besoins émergents du secteur public, ou tardent à renouveler les fournitures de contraceptifs, conduisant à des ruptures de stocks", a déclaré George Gahungu, le directeur du Programme national pour la santé de la reproduction au ministère de la Santé au Burundi.

Une rupture de stock de contraceptifs s’est produite dans le pays il y a deux ans, lorsque l'un des principaux bailleurs n’a pas pu renouveler à temps le stock de plusieurs méthodes de planning familial. "C’est mauvais lorsqu’une femme arrive dans un centre de santé et s'en va sans sa méthode préférée. Cela pose des risques de grossesses non désirées et des avortements dangereux", a observé Gahungu.

Le taux de prévalence de la contraception du Burundi - la proportion des femmes en âge de procréer (ou leurs partenaires) qui utilisent des méthodes contraceptives - est parmi les plus bas au monde, s’élevant à 12 pour cent, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Au cours d'une rencontre de spécialistes de la santé de la reproduction, venus de l'Afrique de l’est, de l’Afrique centrale et australe, à la fin du mois de juillet, il a été souligné que les gouvernements devaient créer des environnements favorables pour encourager la participation du secteur privé au planning familial.

Selon l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), plusieurs pays dans ces régions ont des environnements juridiques et politiques restrictifs qui ont entravé l'expansion des services de la santé de la reproduction du secteur privé.

Le planning familial, pas exactement une mine d’or

Mais à part cela, il est apparu que le secteur privé ne considère pas le planning familial comme un marché lucratif. Dans la plupart des pays d'Afrique, le planning familial est soit fourni gratuitement ou à un coût subventionné dans des centres de santé publics. "Le secteur privé est réticent à fournir des services de planning familial à grande échelle parce que ce n'est pas une urgence et la majorité des gens ne peuvent pas faire face aux frais dans les institutions privées", a déclaré à IPS, Dr Wasunna Owino, de l'Initiative pour la politique de la santé de l’USAID.

Solomon Orero, un praticien privé de la santé de la reproduction approuve. "En dehors des frais de consultation, je dois récupérer les coûts d'achat des produits de base. Les méthodes de planning familial à long terme exigent beaucoup de travail, y compris un environnement stérile, l’équipement chirurgical. Je dois facturer toutes ces choses, y compris mon temps".

Il a ajouté: "Par exemple, la plupart des praticiens privés, qui fournissent le Norplant, ne factureront pas moins de 3.000 shillings kenyans (environ 40 dollars). Pour les stérilets et autres dispositifs intra-utérins, nous facturons entre 1.000 à 2.000 Ksh (environ 13 à 26 dollars). Très peu de personnes peuvent s’offrir ces services, et par conséquent, plusieurs praticiens du secteur privé choisissent de se concentrer sur d’autres services de santé - comme les services curatifs – que sur le planning familial".

Franchise sociale

Un rôle avantageux pour le secteur privé qui fournit des services dans les zones rurales - où résident près de 80 pour cent de la population des régions - pose même un plus grand défi, étant donné les niveaux élevés de pauvreté. Ces scénarios, ont appris les participants à la rencontre de l'ECSA, appellent à un partenariat public-privé afin d'accroître l'accès.

Marie Stopes – le modèle de franchise sociale du Kenya (MS-K), a été cité comme celui qui a amené avec succès les services du planning familial vers les zones difficiles d’accès, améliorant l’intérêt des populations pour cette action. Ce modèle, lancé dans le pays en 2004, étend les services de santé sexuelle et de la reproduction à travers des prestataires existants du secteur privé.

Cette organisation a identifié des prestataires privés dans des communautés où la prévalence contraceptive est faible et les a formés aux méthodes de planning familial à long terme, hautement efficaces. Ils ont été ensuite certifiés comme des membres d'un réseau de franchise appelé Amua, qui était régulièrement contrôlé afin de s'assurer qu'il répond aux normes de qualité.

Les prestataires, qui ne disposaient pas de l’équipement de base nécessaire pour ces services, en ont reçu à un taux subventionné, et se sont engagés à offrir les services à un prix raisonnable convenu avec la communauté. Les prestataires ont été ensuite reliés aux distributeurs communautaires de contraceptifs aux fins de la création de la demande dans les communautés.

"Les prestataires sont en train de constater une augmentation du nombre de clients parce que nous utilisons les médias pour orienter les clients vers l'endroit où les services sont en train d’être offerts. Depuis que nous avons formé les prestataires aux compétences dans les services transversaux, ils sont capables d'offrir d'autres services aux clients, en plus du planning familial.

"Les prestataires réalisent des recettes parce que chez un seul client, ils sont capables d'obtenir des frais pour différents services. La relation avec le gouvernement a augmenté, étant donné que certaines des compétences des formateurs sont issues du secteur public, puisqu'il s'agit d'un partenariat public–privé", a expliqué Walter Odhiambo, directeur national adjoint de la MS-K.

Une bonne chose de trop?

Alors que la création de la demande pour le planning familial est cruciale, Martha Rimoy, une infirmière en chef en Tanzanie, a mis en garde contre les conséquences dans son pays. "Nous créons la demande et nous ne sommes pas prêts pour répondre à l'offre. Nous avons constamment besoin de nous assurer que l’offre correspond à la demande à tous les niveaux", a-t-elle observé, citant une pénurie de contraceptifs dans son pays au cours des six derniers mois.

Ailleurs, la demande pour les contraceptifs est en train d’être supprimée par des groupes religieux qui luttent contre la promotion des méthodes modernes de planning familial. Au Burundi par exemple, il y a des zones où les églises sont engagées dans des campagnes contre le planning familial, selon Gahungu.

"Nous avons des cas où des femmes reviennent pour enlever les DIU (dispositifs intra-utérins) et les Norplants, affirmant que les prêtres sont contre de telles méthodes". Cela, dit-il, est en train de mettre en péril la guerre contre la mortalité maternelle, qui est déjà élevée, atteignant actuellement 1.000 décès pour 100.000 naissances vivantes, indiquent les statistiques de l’UNFPA. (FIN/2009)

 

 

 

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