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POLITIQUE-ZIMBABWE
Le nouveau gouvernement ignore le quota pour les femmes
Davison Makanga

HARARE , 27 fév (IPS) - Des activistes de défense des droits de la femme au Zimbabwe se disent indignés par la faible représentation des femmes dans le nouveau gouvernement d’union.

Seulement quatre femmes font partie des 35 membres de l’équipe, ridiculement en dessous de la représentation équitable des femmes dans les instances de prise de décisions, approuvée par le Zimbabwe à un sommet régional en août 2008.

Le Zimbabwe est signataire du Protocole sur le genre et le développement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui stipule que les femmes devraient occuper des postes de manière équitable avec les hommes tant dans le secteur public que dans le secteur privé d’ici à 2015.

La directrice de l’organisation non gouvernementale ‘Women in Politics Support Unit’ (l’Unité de soutien des femmes en politique - WIPSU), Cleopatra Ndlovu, a qualifié la sélection basée sur le genre des membres du gouvernement de "choquante" et "triste".

"Les instruments régionaux et internationaux (pour l’égalité de genre) dont le Zimbabwe est signataire pour avoir parlé de la nécessité d’assurer que nous avons une meilleure représentation des femmes dans les postes de prise de décisions, mais à une telle étape importante de construction de la démocratie comme celle-ci, les trois partis politiques n’ont pas respecté ce qu’ils ont promis", a déploré Ndlovu.

Elle a défié les partis politiques de mettre en œuvre leurs systèmes de quota en accordant aux femmes des opportunités d’exercer un vrai pouvoir. Au même moment, Ndlovu a conseillé aux femmes de réclamer leurs droits et de passer de "simples votantes" et de "militantes des partis politiques" à des décideuses politiques.

L’éminente activiste de genre zimbabwéenne, Thoko Matshe, qui dirige le Projet d’éducation politique féministe à Harare, a déclaré que la route vers la parité de genre semble maintenant plus longue suite au recul de la semaine dernière. Matshe a attaqué le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), un parti qui, dit-elle, représentait un vrai changement pour les femmes.

Pas de vrai changement

Entre elles, les deux formations du MDC, conformément à l’accord négocié sur le partage du pouvoir, les factions du MDC dirigées par Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara ont nommé 16 ministres, et choisi trois femmes, y compris Theresa Makone comme ministre des Travaux publics, Paurina Mpariwa comme ministre du Travail et Priscilla Misihairambwi-Mushonga comme ministre de l’Intégration régionale et du Commerce international.

De son côté, l’Union nationale africaine du Zimbabwe–Front patriotique (ZANU-PF) a mis seulement une femme parmi ses 15 membres pour compléter le gouvernement; Olivia Muchena s’est vu attribuer le ministère des Affaires féminines.

Matshe s’est plainte que c’était "par défaut" qu’une femme devrait diriger le ministère des Affaires féminines, alors que les trois autres femmes politiciennes devraient aussi surveiller des départements qui n’étaient pas les plus vitaux. Les politiciens hommes, par contre, ont été choisis pour diriger tous les autres ministères clés, tels que la Sécurité nationale, les Finances ou l’Intérieur.

"Morgan Tsvangirai vient du Mouvement pour le changement démocratique. Si je considère le changement, il indique que nous devrions faire les choses différemment. Mais si parmi 14 nominés de ce parti, nous avons juste deux femmes, cela signifie vraiment que nous devrions retirer la démocratie du nom du parti", a souligné Matshe.

En dehors des quatre femmes membres du gouvernement, quatre autres femmes ont été nommées comme vice-ministres la semaine dernière, mais sans sièges au gouvernement, leurs rôles sont largement honorifiques. Selon le cadre législatif du Zimbabwe, elles ne peuvent pas être ministres par intérim en l’absence de leurs supérieurs, par exemple.

Misihairambwi-Mushonga a affirmé qu’elle est déçue par les nombres faibles de femmes au gouvernement, mais confiante que ses collègues et elle-même feraient leurs marques en défendant les questions de la femme durant leur fonction : "Alors que nous avons quelques femmes au gouvernement, la plupart d’entre elles sont des activistes des droits de la femme. Je suis sûre que nous pourrons parler haut".

"Comme une féministe, je suis très déçue, mais des accords politiques existants ont établi une fondation pour la féminisation de nombres de questions, y compris la santé, la sécurité alimentaire ou le VIH et le SIDA. Alors, il y a de l’espoir que cette discussion autour de l’égalité de genre se produira", a-t-elle ajouté.

La vice-présidente et membre de la ZANU-PF, Joyce Mujuru, croit, par contre, que les femmes devraient se débrouiller pour elles-mêmes au lieu de compter sur les quotas pour avoir le pouvoir. Elle a confié au journal d’Etat, le ‘Herald’, que la nouvelle représentation des femmes dans de hauts postes était malheureuse, mais a accusé les femmes de ne pas lutter assez dur pour des postes de prise de décisions. Parce que beaucoup de femmes manquent de confiance, elles constituent leurs propres ennemies, a déclaré Mujuru au journal.

Les femmes sur la touche

Pour garantir que l’autonomisation de la femme et l’égalité de genre ne sont plus sur la touche, le groupe de défense des droits de la femme du Zimbabwe a commencé maintenant par préparer des idées pour la nouvelle constitution du pays, qui, selon l’amendement constitutionnel numéro 19, sera promulguée au cours des 18 prochains mois.

Rutendo Hadebe, présidente de ‘The Women’s Coalition’ (La Coalition des femmes), un groupement des organisations de défense des droits de la femme, affirme que la coalition profitera du processus de réforme constitutionnelle pour faire pression en vue d’obtenir des dispositions progressistes qui rendront autonomes la femme et "mettront fin à un passé d’inégalité". La coalition envisage de collaborer avec les quatre femmes ministres pour lancer le processus.

"Nous sommes reconnaissantes pour les quatre qui sont là, c’est mieux que rien. Nous ferons tout notre possible pour les soutenir et travailler avec elles", a indiqué Hadebe. (FIN/2009)

 

 

 

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