Inter Press Service News Agency
11:28 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

Q&R
''Les TIC peuvent réduire les hiérarchies''
Interview avec Sarbuland Khan

GENEVE , 6 juil (IPS) - Les Technologies de l'information et de la communication (TIC) offrent le meilleur espoir de permettre rapidement aux pauvres de s'assumer et d'impliquer la société civile dans le processus de développement.

Mais l'ennui, selon Sarbuland Khan, coordonnateur exécutif de l'Alliance mondiale pour les TIC et le développement (GAID) sous l'égide des Nations Unies, est que les bureaucraties et les gouvernements sont trop réticents à partager soit l'information soit le pouvoir.

Khan a déclaré dans un entretien avec le correspondant de IPS Zofeen Ebrahim, dans les coulisses de la rencontre de fin-juin de la Conférence des ONG en relation consultative avec les Nations Unies (CONGO), à Genève, que l'information est un bien public au même titre que l'eau, la santé, la nourriture et le système sanitaire.

IPS: Quelle est l'importance des TIC dans le développement?

Sarbuland Khan (SK): Le problème est que personne ne connaît ses droits réels. Pendant trop longtemps, les gouvernements et les systèmes internationaux ont été réticents à reconnaître que les citoyens ont le droit d'exiger et d'accéder à l'information et que chaque autorité publique doit partager l'information. Et s'ils manquent de le faire, ils doivent en être persuadés.

IPS: Dans beaucoup de pays d'Asie du sud où le degré d'alphabétisation est bas et où les infrastructures ne sont pas développées de façon optimale, comment informons-t-on les gens sur leurs droits à travers les TIC?

SK: Il y a plusieurs manières d'utiliser les médias, aussi bien les traditionnels que les nouveaux, pour disséminer l'information au sujet des droits des personnes et pour les informer sur les différentes opportunités et choix disponibles. Ceci, non seulement aidera à protéger les droits des héritiers, mais aussi leur permettra de s'assumer de façon plus respectueuse. Je vois également les TIC comme visant l'égalité absolue entre les hommes; elles peuvent réduire les hiérarchies et modifier le réseau d'influence, ce qui ne serait pas possible autrement.

IPS: Quel est le rôle du secteur privé en dotant des pays en développement de TIC?

SK: Les gouvernements seuls ne peuvent pas atteindre les objectifs du développement. L'implication de la société civile et du secteur privé est cruciale. Les politiques macroéconomiques doivent être conçues de telle sorte à générer la croissance économique à laquelle les pauvres peuvent prendre part, plutôt que d'en devenir dépendants. Ceci se produira seulement si les politiques du gouvernement s'engagent auprès du secteur privé et l'encouragent à investir. A mon avis, le moteur pour le changement est spécialement le partenariat entre le privé et le public.

Pour sa part, le secteur privé peut agir également en tant que catalyseur pour les gouvernements des pays en développement pour favoriser leurs engagements vis-à-vis des TIC. Les gouvernements peuvent assurer que le secteur privé développe des modèles d'affaires visant à intégrer les pauvres dans le marché contrairement à ce qui se fait généralement -- modèles qui ciblent la classe moyenne et la haute société. Ces modèles devraient être conçus de telle sorte à créer des emplois et des produits pour les pauvres, qui constituent la majorité grouillante dans la plus partie des pays d'Asie du sud.

De même, à travers des approches et technologies innovatrices, des solutions devraient être trouvées aux problèmes des populations. Ces modèles peuvent être bénéfiques à l'investisseur privé et au même moment participatifs aux pauvres. Prenez par exemple la téléphonie mobile qui a pris comme un feu sauvage partout à travers l'Asie du sud. Ces derniers temps, l'on peut voir des avancées rapides dans les médias électroniques comme les chaînes FM et même le développement de la société de l'Internet.

IPS: Comment les gouvernements profitent-ils du partage de l'information?

SK: En investissant dans les TIC, les gouvernements peuvent briser le cercle vicieux de la pauvreté et le transformer en un cercle vertueux de croissance. Des citoyens informés sont importants dans la lutte pour mettre fin à la pauvreté et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Ils aident à maintenir la transparence, tenir les gouvernements responsables... en d'autres termes, ils aident à mettre en place des systèmes de gouvernance pour gérer efficacement.

IPS: Quelle est la situation des TIC au Pakistan?

SK: Malheureusement, il y a certaines poches à la fois au niveau du gouvernement et du public qui continuent de résister et de se cramponner à l'approche de l'ancienne mentalité consistant à conserver le droit à l'information. Le changement vers les TIC pour le développement est encore sous-estimé et n'est donc pas aussi rapide. Une partie du problème réside dans le système d'éducation qui est en train d'être embourbé dans un ordre archaïque. Il y a un besoin urgent de développer de remarquables centres d'excellence en TI comme il y en a en Inde, en Corée du Sud, en Malaisie, à Taiwan, en Chine etc. C'est un investissement qui vaut la peine d'être fait et l'ONU peut aider. Une plus grande priorité doit être accordée à ce domaine pour transformer le pays.

IPS: Dans un pays qui a été incapable de fournir de l'eau potable à ses citoyens, où des villages n'ont pas encore d'électricité et où même des infrastructures urbaines sont au bord de l'effondrement, l'effort de mettre en place le système TI paraît inutile. Quels sont vos commentaires?

SK: Il doit y avoir une vision à long terme pour le développement. Des problèmes d'infrastructures resteront pendant deux autres décennies, mais pour prendre part de façon égale à d'autres économies du monde, il y a un besoin urgent de prêter attention à ceci, autrement, ça loupera le coche. Et pour cela, comme je l'ai dit tantôt, le Pakistan doit prêter attention à son enseignement supérieur et à développer des instituts de TI, spécialement quand il abrite un réservoir de ressources humaines de très grande qualité comparable à travers le monde. (FIN/2007)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>