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COTE D’IVOIRE
Les forêts naturelles ont disparu, les plantes médicinales avec...
Aly Ouattara et Michée Boko

KORHOGO, nord de la Côte d’Ivoire, 15 juin (IPS) - Sogbéné Soro, un tradithérapeute, est aujourd’hui obligé de parcourir des dizaines de kilomètres, soit à motocyclette, soit en voiture, à la recherche de plantes médicinales qui, une quinzaine d’années plus tôt, se trouvaient encore dans les forêts qui avoisinaient son village.

Mais aujourd’hui, plus de forêts. Elles ont été détruites par les populations, par les exploitants forestiers, sous prétexte de guerre, mettant en difficulté, sans le savoir, l’activité des guérisseurs traditionnels pourtant très utiles au sein de la société.

Tradithérapeute depuis 17 ans, Soro soigne et guérit ses patients à l’aide de racines, feuilles, écorces et herbes qu’il allait cueillir dans les brousses ou dans les forêts voisines.

IPS l’a rencontré chez lui, entouré de petites bouteilles et de sachets plastiques remplis de poudres et liquides extraits des plantes, feuilles et racines qui ont des vertus médicinales. Assisté de son épouse, Soro parle des désagréments que lui pose le massacre des forêts de sa région.

‘’Je suis confronté à une pénurie de certaines espèces végétales qui ont des vertus médicinales’’, confie-t-il à IPS.

Grâce à ces plantes, Soro affirme guérir des maux comme la lèpre, les maladies diarrhéiques, les fractures des membres inférieurs et supérieurs, les maladies sexuellement transmissibles, la perturbation du cycle menstruel chez la femme, etc.

Il cite par exemple le ‘’strophantus samentosus’’ et ‘’l’afzélia africana’’ qu’il utilise pour soigner chez les femmes en âge de procréation les fibromes, l’irrégularité des cycles menstruelles et les maux de ventre.

Le ‘’fagarier zanthoxylum rutacea’’ guérit les plaies de bouche telles que l’herpès labiale et les mycoses, dit-il. Soro croit aussi que les racines de ‘’l’himanocardia asida’’ aident l’enfant à vite marcher.

Vu la fréquence de ces maux au sein de la population, ce sont donc des plantes qu’il utilise en abondance et assez régulièrement, mais qu’il est aujourd’hui obligé d’aller cueillir très loin.

La conséquence de cette situation est qu’il a dû légèrement augmenter les prix de ses produits pour récupérer un peu de ses frais de transport. Cela ne fait pas plaisir à tous ses clients qui boudent assez souvent même s’ils finissent par payer le produit qui, de toutes les façons, est bien moins cher comparé aux produits de la pharmacie moderne, confie-t-il à IPS.

Les tradithérapeutes ou guérisseurs traditionnels, comme on les appelle en Afrique, utilisent également les parties de certains animaux pour guérir des maladies. Mais depuis que les forêts ont perdu de leurs touffes protectrices, les animaux sauvages se sont également éloignés.

‘’Nous sommes confrontés aujourd’hui, dans le village de Koyadougou, au nord-ouest de la Cote d’Ivoire, à l’éloignement de quelques espèces animales dont certaines parties ont des vertus thérapeutiques. La viande et la graisse de lion par exemple servent à soigner les fractures et à soulager les douleurs articulaires et le rhumatisme ; le sperme de l’éléphant soigne la faiblesse sexuelle ; les cornes du rhinocéros soignent l’asthme’’, explique d’une voix enrouée, Inza Fofana, guérisseur et chasseur traditionnel.

Pendant la guerre (2002-2005), les rebelles qui avaient pris les armes, avec à leur tête l’actuel Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, estimaient que le nord du pays était marginalisé par l’Etat central ivoirien. Ils réclamaient donc justice et équité pour tous les Ivoiriens.

Les populations ivoiriennes ont ressenti, durant ces trois années, encore plus l’importance des guérisseurs traditionnels dans les ex-zones rebelles car il ne restait qu’eux pour soigner les populations face à la fuite des médecins et du personnel soignant (en majorité des fonctionnaires), et à la fermeture des pharmacies.

Plusieurs associations écologiques ivoiriennes ont dénoncé l'exploitation abusive dont font l’objet les forêts nationales ivoiriennes et qui a conduit à la situation actuelle.

Selon le Groupe écologique ivoirien (GECI), une Organisation non gouvernementale (ONG) basée à Abidjan, mais qui mène ses activités sur toute l’étendue du territoire ivoirien, sur les 16 millions d’hectares de forêts que comptait la Côte d’Ivoire au début des années 1960, il n’en reste aujourd’hui que six millions.

Jacob N'Zi, directeur exécutif du GECI, qui œuvre pour la préservation du patrimoine forestier national, rapporte que sur 123 entreprises opérant dans le secteur de l’exploitation du bois, seulement deux respectent la législation forestière en vigueur.

N’zi accuse ces entreprises de pratiquer une fraude massive en ne respectant pas le quota de 2.000 à 10.000 mètres cubes de bois par an imposé par l’Etat.

Kouadio Gnamien, responsable d'une autre ONG, Ecologia, tout en pointant du doigt la responsabilité des autorités, estime que la fraude a fait perdre à l'Etat ivoirien plus de 400 millions de dollars entre 2003 et 2006. (FIN/2007)

 

 

 

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