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Q&R
"Ce prix, c'est le mérite de tous ceux qui travaillent avec moi"
Interview avec Salamatou Traoré

NIAMEY, 8 juin (IPS) - Lauréate du "Prix international pour la santé et la dignité de la femme" du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Salamatou Traoré, 60 ans environ, a son nom intimement associé au combat qui se mène pour redonner goût à la vie aux femmes victimes de la fistule obstétricale au Niger.

A la tête de Dimol, une organisation non gouvernementale (ONG) locale, Traoré, qui est de toutes luttes pour le respect des droits de la femme, s'investit corps et âme pour sortir les femmes fistuleuses de l'isolement dans lequel elles sont confinées au sein de leur communauté. Le combat consiste notamment à soigner les femmes fistuleuses afin de les réintégrer dans la société comme actrices de développement. (Dimol signifie dignité en Peul, une langue répandue au Niger et dans d'autres pays d'Afrique de l'ouest). L'ONG est basée à Niamey, la capitale nigérienne.

Dans une interview avec Ousseini Issa, le correspondant de IPS au Niger, Traoré explique comment elle s'est engagée dans ce combat.

IPS: Depuis plusieurs années, vous menez un combat pour le respect des droits de la femme au Niger et particulièrement dans le domaine de la santé de la reproduction, à travers l'ONG Dimol que vous dirigez. Qu'est-ce qui a pu vous guider dans cette voie?

Salamatou Traoré (ST): En tant qu'infirmière et sage-femme de formation, je dirai que c'est ma profession qui est à la base de ce choix. De 1985 à 1988, j'ai mené les mêmes actions à la maternité Lamordé (à Niamey), qui est une maternité de quartier, ce qui m'a permis de réaliser la prise en charge des fistuleuses. Mais à ce moment, je m'occupais de la préparation, de l'hébergement et de l'alimentation des patientes que je dirigeais sur la maternité centrale et à l'hôpital pour les opérations.

Seulement au niveau de la maternité, nous avions souvent des complications face auxquelles il n'y avait pas réponse appropriée aux attentes des patientes. C'est le cas de la fistule notamment. Aussi, on s'est dit qu'à travers une ONG, on peut contribuer à accompagner les services hospitaliers pour que ces femmes puissent être à l'aise, se sentir comme des vraies actrices de la société. C'est sur la base de cette expérience et de ce constat que nous avons créé l'ONG Dimol qui veut dire dignité en langue peule.

IPS: Avant de créer cette ONG, dans quelle autre structure associative militiez-vous?

ST: Je militais au sein du Coniprat (Comité nigérien de lutte contre les pratiques néfastes à la santé de la femme) qui a été créé 1978 en tant qu'association avant de devenir ONG et dont j'étais d'ailleurs la présidente. C'est à ce moment que j'ai réfléchi et mûri l'idée de prise en charge de la fistule dans nos activités, qui n'a malheureusement pas rencontré l'agrément de mes autres collègues. Je me suis dit alors pourquoi ne pas créer une ONG qui va s'occuper de la dignité des femmes? J'ai donc démissionné de la présidence tout en restant membre, pour soumettre mon idée à d'autres personnes qui l'ont épousée, d'où la création de Dimol.

IPS: Comment êtes-vous arrivée à la santé?

ST: Mon inclinaison pour cette profession est venue de la famille parce que j'ai un père qui est de la santé et j'ai vu comment il a travaillé et j'ai beaucoup admiré et apprécié le rôle qu'il a joué aussi bien au sein de la famille que dans la société. J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt tout ce qu'il a fait et c'est ça qui a motivé mon choix pour la santé. Deuxièmement, j'ai actuellement 41 ans de fonction et au cours de mes 20 premières années, j'ai assumé plusieurs postes de responsabilité : j'ai eu à diriger des maternités à la place de sages-femmes absentes parce que j'avais reçu une formation appropriée en ce qui concerne la prise en charge des accouchements.

IPS: Qu'est-ce qui a motivé votre départ de l'administration?

ST: J'ai quitté l'administration en 1991, à travers un départ volontaire, pour créer la "Clinique du Plateau", à Niamey, où j'exerce actuellement.

IPS: Comment arrivez-vous à concilier l'exercice de votre métier, vos activités associatives et votre la vie au foyer?

ST: Tout dépend de l'entourage qu'on a, de l'atmosphère et du climat familial. Quand vous voyez quelqu'un qui arrive à coordonner ou à bien mener ses activités, d'abord la personne a la tête sur les épaules, mais elle est aussi épaulée. Il faut que les gens qui vous entourent soient à la hauteur de ce que vous espérez obtenir comme résultats, mais aussi motivés à aller avec vous et patients. Je suis personnellement de nature trop pressée et j'ai un tempérament un peu chaud; il faut courir après moi. Mais Dieu merci, j'ai un entourage, aussi bien familial que professionnel, qui me comprend et qui est totalement disposé à m'épauler.

IPS: Vous faites partie des trois lauréates du "Prix international pour la santé et la dignité de la femme" du FNUAP, d'un montant de 5.000 dollars. Que comptez-vous faire de cet argent?

ST: Ce prix, c'est aussi le mérite de tous ceux qui travaillent avec moi. Il va nous permettre de continuer à sensibiliser les groupes vulnérables et à mener le combat pour le respect des droits de la femme, sa dignité. On va utiliser cet argent pour confectionner des tee-shirts, des affiches, des outils de sensibilisation, qui vont nous permettre de donner une plus grande visibilité des abus sur les droits humains de manière générale, et de la femme en particulier. (FIN/2007)

 

 

 

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