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POLITIQUE-MALI
La femme candidate à la présidentielle défend l'environnement
Almahady Cissé

BAMAKO , 24 avr (IPS) - Pour la première fois au Mali, une femme, Sidibé Aminata Diallo, est en lice pour l'élection présidentielle du 29 avril, parmi les huit candidats. Candidate du Rassemblement pour l'éducation à l'environnement et au développement durable (REDD), elle affirme qu'elle se bat pour la préservation de l'environnement.

''Je veux faire de la politique "concrétiste" qui consiste à sortir des débats théoriques pour s'attaquer concrètement aux vrais problèmes des Maliens'', a-t-elle déclaré à IPS. ''Malgré la gravité de la situation, la problématique de la préservation de l'environnement est faiblement évoquée dans les débats électoraux...'', déplore l'unique femme candidate. ''Au regard de cette indifférence, ma motivation est fondée. Notre développement doit s'appuyer sur les équilibres des écosystèmes''.

Professeur, chercheur spécialiste en aménagement du territoire, Sidibé enseigne à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l'Université de Bamako, la capitale malienne. Agée de 50 ans, mariée et mère de trois enfants, elle compte sur la mobilisation de toutes les femmes pour l'élection présidentielle.

''Le Mali devra faire des choix environnementaux importants durant les cinq prochaines années, et cela compte tenu de la fragilité de son écosystème aussi bien dans les régions du nord que dans le sud'', estime Sidibé.

Au nombre de ses priorités, figurent l'assainissement du cadre de vie, l'arrêt de la déforestation soutenu par la lutte contre la désertification, la promotion de politiques énergétiques privilégiant les énergies renouvelables, et la recherche d'alternatives contre la pollution des villes.

Le Mali est un pays d'Afrique de l'ouest très vaste, avec une superficie de 1,240 million de kilomètres carrés, dont une grande partie est désertique, notamment dans le nord.

Sidibé annonce qu'une fois élue, elle proposera des mesures concrètes contre la pollution des villes maliennes. "La cause environnementale sera notre ligne directrice", a-t-elle souligné. D'où son slogan de campagne : ''Le développement doit être durable pour les générations actuelles et futures''.

"Nous pensons que les défis sont globaux à l'échelle africaine où de réelles menaces pèsent sur l'environnement. C'est pourquoi, mon parti, en plus de la volonté d'innover en proposant ma candidature, a aussi voulu, à travers celle-ci, faire bénéficier au pays de mon énorme expérience en matière d'environnement et de ma connaissance approfondie des préoccupations de nos concitoyens et concitoyennes", a-t-elle indiqué à IPS.

Mais, Sidibé doit relever d'autres défis, notamment celui de se faire accepter par les associations et organisations non gouvernementales (ONG) féminines du Mali et, au-delà, par les autres femmes. Pour l'instant, elle bénéficie d'un soutien timide de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (CAFO). Suite à une interpellation de ces associations, la candidate s'est engagée à œuvrer, en plus de la protection de l'environnement, à assurer la promotion des droits des femmes.

Selon Fatim Maïga, la responsable des questions de genre à la CAFO, ''C'est la toute première fois au Mali qu'une femme brigue la magistrature suprême. Pour la symbolique et le défi, elle mérite le soutien des femmes'', a-t-elle dit à IPS.

Mais, cet avis n'est pas partagé par Coulibaly Fanta Kéita, une autre militante de la CAFO : ''Les femmes maliennes, dans leur majorité, vont voter pour le président sortant, Amadou Toumani Touré, en raison des actions qu'il a menées en faveur des femmes, notamment la gratuité de la césarienne, les anti-rétroviraux (contre le VIH/SIDA), et les logements sociaux''.

Quelque 10.000 personnes séropositives bénéficient d’un traitement anti-rétroviral au Mali, sur 194.132 officiellement répertoriées comme malades du SIDA. De même, le président sortant candidat à sa propre succession, a réalisé environ 3.500 logements sociaux dans le pays durant son premier quinquennat, selon des chiffres officiels.

Coulibaly fait partie d'un collectif de dames qui a organisé des collectes auprès des femmes pour payer la caution d'environ 20.000 dollars du candidat Toumani Touré.

D'autres citoyens maliens ne sont pas impressionnés par la candidature de Sidibé. ''Elle veut juste se faire remarquer et, peut-être, obtenir un jour le Prix Nobel de la Paix pour sa défense de l'environnement'', ironise Aliou Koné, un jeune diplômé en droit sans emploi, basé à Bamako. ''Nous voulons d'elle des propositions concrètes contre le manque d'emploi, le chômage et la pauvreté. L'environnement vient après tout cela''.

La politique de préservation de l'environnement que prône Sidibé ''est trop partielle et superficielle pour prendre en compte l'ensemble des besoins de développement du pays'', affirment ses détracteurs.

Néanmoins, Ousmane Coulibaly, homme politique et membre de l'Alliance pour la démocratie et le progrès -- de la mouvance présidentielle --, estime que la candidature de Sidibé est une bonne chose. ''Cela dénote d'une maturité de notre démocratie. Une femme présidente, pour moi, ça pourrait être une bonne chose. Il faut compter désormais avec les femmes''.

Toutefois, d'une manière générale, le citoyen malien ordinaire fustige et craint le pouvoir des femmes pour des raisons socioculturelles.

Pour Samballa Diallo, un octogénaire de Bamako, le 'Tafé Fanga' (le pouvoir des femmes, en bambara, une langue nationale), "c'est la pire des choses qui puisse arriver. Moi, je demande à Dieu de ne pas me montrer ce jour!"

''Au Mali, nous sommes dans une société patriarcale, et les hommes voient d'un mauvais œil que les femmes aient une position de leadership et de responsabilité. Ce n'est qu'une question de temps, les mentalités vont changer'', affirme à IPS, Alhassane Maïga, un sociologue basé à Bamako. ''Avant'', dit-il, ''il était inconcevable d'envoyer des filles à l'école. Mais, nous avons aujourd'hui, au Mali, des femmes cadres, chefs d'entreprise, ministres et même chefs de foyer''.

''Avec le temps, les mentalités vont forcément changer. Et les gens vont admettre que la femme, comme l'homme, peut avoir, en plus de la prétention, la capacité de conduire les destinées du Mali'', a ajouté Maïga.

Consciente des pesanteurs socioculturelles, Sidibé s'est déclarée confiante et lucide par rapport à ses chances dans une course présidentielle toujours dominée par des hommes. "Je mesure le défi à relever, mais il s'agit d'une consultation majeure où une candidature féminine pourrait être un facteur d'apaisement des débats", a-t-elle dit à IPS. (FIN/2007)

 

 

 

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